‹ De L'Indépendance Fonctionnelle Des Deux Hémisphères CérébrauxChapitre 14 sur 32 · PREUVES TIRÉES DE L'EMBRYOGÉNIE · texte numérisé non relu

PREUVES TIRÉES DE L'EMBRYOGÉNIE

L'embryogénie mieux encore que la physiologie devait fournir au génie de Broca, l'explication rationnelle de la prédominance des membres du côté droit sur ceux du côté gauche.

En effet, s'appuyant sur l'observation de Gratiolet, qui, le premier, avait signalé un développement plus précoce de l’hémisphère gauche ; il disait, en 1865, à la Société d'anthropologie :

« Les circonvolutions gauches sont en avance sur celles de l'hémisphère droit. Les premières sont déjà dessinées à un moment où les autres ne sont pas encore apparentes : l’hémisphère gauche, qui tient soussa dépendance le mouvement des

-membres droits est donc plus précoce dans son développement

que l'hémisphère opposé. On comprend ainsi pourquoi, dès les premiers temps de la vie, le jeune enfant se sert de préférence des membres dont l’innervation est la plus parfaite, pourquoi en d’autres termes, il devient droitier. Le membre supérieur droit étant dès l'origine plus fort et plus droit que le gauche est appelé par cela même à fonctionner plus souvent, et il acquiert dès lors une supériorité de force et d'adresse qui ne fait que s’accroître avec l'âge. »

Broca se défendait d'aller aussi loin que Meinard Simon du du Puy, qui dans sa dissertation intitulée : De affectionnibus morbosis hominis dextri et sinistri, partageait l'homme en deux

(1) Broca. Du siège du langage articulé. Bull. de la Soc. d’anthrop., 1865, T. VI, p. 383.

(2) Meynard-Simon du Puy. De affectionibus morbosis hominis dextri et sinistri. Leyde, 1780.

ÉpiNiis

êtres complètement distincts. Il se bornait seulement à prétendre que le développement plus précoce de l'hémisphère gauche nous prédispose dans nos premiers tâtonnements à exécuter avec cette moitié du cerveau les actes matériels et intellectuels les plus compliqués, parmi lesquels il faut certainement compter l'expression des idées au moyen du langage et plus particulièrement du langage articulé.

Il croyait aussi que chez les gauchers, les mêmes facultés siégeaient dans l’hémisphère droit, et il concluait par ces mOtS :

« L'habitude que nous prenons, dès la première enfance, de répartir le travail entre nos deux hémisphères et de demander de préférence les opérations les plus difficiles à notre hémisphère gauche, finitpar devenir une seconde nature, mais cette spécialisation n'implique pas l'existence d’une disparité fonctionnelle entre les deux moitiés de l’encéphale. »

Broca aurait pu être plus audacieux, car il pouvait invoquer l'autorité des anatomistes éminents qui l'avaient précédé.

Lorsque Coste disait : « L'homme est double et son organisme se forme par moitiés séparées », il laissait entrevoir par là que les deux moitiés conserveraient dans le fonctionnement physiologique quelques souvenirs de cette dualité d'origine.

C'était aussi l'opinion de Serres (1). Ce professeur l'avait exprimée dans plusieurs de ses ouvrages.

M. le professeur Sappey, dont les descriptions brillent autant par la clarté du style que par l’érudition, mérite d’être cité, lorsqu'il nous dit :

« Les lois du développement nous enseignent que les deux moitiés du corps sont primitivement 2ndépendantes et même qu'elles parcourent les différentes phases de leurs évolutions; elle se rapprochent, puis se touchent, puis finissent par sesouder l’une à l’autre. Quelques régions conservent pendant toute

(1) Serres. Précis d'anatomie transcendante appliquée à la physiologie, 1842, p. 91 et suiv.

(2) Sappey. Anatomie descriptive. T. I, p. 13.

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la durée de la vie les traces de cette soudure qui prend alors le nom de raphé.

« Si les deux moitiés au lieu de se souder s'arrêtent dans leur développement, elles resteront indéfiniment séparées et l’on verra se produire autant de vices de conformation séparés par une fissure ; c’est à cette cause qu'il faut rattacher la fissure uréthrale ou hypospadias, la fissure stercorale qui donne aux organes génitaux de l’homme les apparences de ceux de la femme, la fissure spinale ou spina bifida, la fissure palatine, celle du voile du palais... »

Tony Moilin, qui voulait absolument faire de l’homme un être complètement double, avait fait l'observation suivante :

« Le côté droit, jouissant d’une force plastique plus grande, présente plus rarement des vices de conformation » (1).

Les arrêts de développement siègent plutôt à gauche qu’à droite.

Quand le bec-de-lièvre est unilatéral, de l’avis de tous les auteurs, il siège plus fréquemment à gauche.

Depuis Gratiolet, d’autres observateurs ont étudié le développement embryogénique des circonvolutions, nous citerons quelques-uns des résultats auxquels ils sont arrivés.

En 1872, Hamy (2) constatait que la troisième circonvolution frontale manque ou est à peine développée chez l'enfant à terme.

Mathias Duval, en présentant à la Société de biologie des cerveaux d'embryon conservés, démontrait que la scissure qui paraît la première n’est pas la scissure de Rolando, mais la scissure occipitale interne (3).

Ces communications ne pouvaient que prouver, comme le dit Duret (4), qu’à part quelques règles générales, la plus grande

(1) Tony Moilin. Quelques considérations sur l’homme droit et sur l’homme gauche, 1855, brochure.

(2) Hamy. Développement du cerveau. Bull. de la Soc. d’anthrop., juillet 1872.

(8) Mathias Duval. Sur un procédé de conservation du cerveau. Bull. de la Soc. de biol. 1877, p. 146.

(4) Duret. Sur le développement et l’ordre d'apparition des circon-

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irrégularité règne dans l'apparition des plis à la surface externe.

Cependant Gromier, qui a fait sur le développement des circonvolutions le travail le plus important, a recueilli une série d'observations d’une valeur considérable. Selon cet observateur :

Le développement des plis paraît se faire plus vite à gauche qu'à droite, tandis que l'inverse à lieu pour les plis du lobe temporo-sphénoïdal (1).

Chez le fœtus de 100", à 3 mois et demi la scissure de Sylvius ouverte en bas laisse voir une portion de substance (lobule de l'insula) et se continue par un simple sillon, sur la face externe de l’hémisphère du milieu de la scissure de Sylvius des deux côtés, mais le fait est surtout manifeste à gauche d’où partent deux lignes dirigées de haut en bas et d'arrière en avant jusqu’à la scissure interhémisphérique.

Chez les fœtus de 200%, à 5 mois, les lobes principaux ont leurs limites assignées, on peut même circonscrire les principaux lobules, les principales circonvolutions.

Le sillon de Rolando est plus profondément tracé, les incisures se montrent surtout sur le lobe frontale, le lobe gauche est plus riche que le droit. Des deux côtés, la scissure parallèle est indiquée par des incisures encore isolées, elle est beau- Coup mieux dessinées à droite qu’à gauche.

Chez un fœtus de 200"%., on constate de grandes différences entre les deux hémisphères, mais le développement de l'hémisphère gauche est plusrégulier. Cette particularité viendrait-elle encore à l'appui de l'idée du déloppement plus précoce et plus puissant du lobe frontal gauche ?

Sur le lobe occipital, la scissure parallèle apparaît toujours à droite avant de se montrer à gauche.

Sur le lobe frontal, au contraire, c’est le lobe gauche qui

volutions cérébrales chez le fœtus. Bull. de la Soc. de biologie, 4877, p. 143.

(1) Gromier, Etude sur les circonvolutions chez l'homme et chez le singe. Thèse de Paris, 1874, p. 19 et suiv,

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nous a offert le signe d’une évolution plus avancée toujours ; la division de l'étage supérieur du lobe frontal s’est d’abord montrée à gauche, coïncidant avec un plus grand nombre d’incissures secoudaires, une plus grande largeur des plis un plus grand développement général. A la face interne des hémisphères, et en avant, le sillon du corps calleux s’est dessiné à gauche avant d’apparaître à droite.

Gromier porta aussi ses observations sur les fœtus des singes.

Il en concluait :

. « Dansles singes inférieurs, nous avons constaté une grande symétrie qui se révélait jusque dans les incisures secondaires; l’asymétrie est l'apanage des cerveaux compliqués; l’orang et le chimpanzé présentent à un haut degré ce signe de supériorité. ù

« Chez le chimpanzé, on peut mieux juger à cause du plus grand nombre d'observations. |

« Les plis de passages sontirès variables et très différents dans les deux hémisphères, au point que, suivant un observateur, on devrait attribuer une mottié du cerveau à une espèce, l'autre à une autre si on ne voulait avoir égard qu’à ces plis. »

De ce qui précède, l'indépendance des deux hémisphères se manifesterait jusque dans leur développement.

C'est ce que M. Parrot {1}, dans un travail remarquable, en étudiant les modifications que subit la structure intime des hémisphères, a pu démontrer de la façon la plus évidente.

Ayant.examiné avec des soins infinis le cerveau de dix enfants de 4 à 39 jours, il remarque dans la substance cérébrale des changements chromologiques d’une grande importance.

Il s’exprimait à ce sujet :

« La Comparaison des deux hémisphères, faite deux fois, a permis de constater que la substance blanche et la teinte violacée étaient plus accentuée à droite qu'à gauche. Une fois même l’anse de Rolando très apparente dans l'hémisphère droit manquait absolument dans l'hémisphère gauche.

(1) Parrot. Développement du fœtus chez les enfants du premier âge. Arch. de physiol. normale et pathol., 1879, p. 508 et suiv.

« Chez onze enfants nés avant terme, six fois on constatait une netteté beaucoup plus grande de la substance blanche ou de la teinte violacée sur l'hémisphère droït que sur l’hémi-

sphère gauche.

« En général, la substance médullaire se dessine plus nettement à droite qu'à gauche. »

Et il pouvait tirer de ce remarquable travail les conclusions suivantes qui concordent avec ce que nous savons déjà :

« L'évolution des deux hémisphères ne s’accomplit plus avec un synchronisme parfait. Les différences qu'ils présentent à ce point de vue sont d'autant plus marquées que les enfants sont plus jeunes. J'ai pu constater que dans les 4/5 des cas, le développement est plus précoce à droite qu’à gauche; le contraire ayant lieu dans 1/5 des cas seulement. »

D'après cela, les fonctions de l'hémisphère à gauche seraient plus élevées que celles du droit. (Bien que moins précoces.)

A l'appui de cette proposition, M. Parrot ajoute ceci : « Je rappellerai que généralement la main droite, qui est mise en mouvement par l'hémisphère gauche, est de beaucoup la ‘plus active, et que c’est dans l’hémisphère gauche que siège l'organe du langage articulé, précisément au niveau de la région prérolandique, qui, nous le savons, se développe plus lentement que les autres. D'ailleurs, il faut bien remarquer que la prédominance de la main droite de même que la parole ne se manifeste que longtemps après la naissance, c’est-à-dire après une longue période de perfectionnement. »

Malheureusement, il existe peu de travaux portant sur l’homme aussi concluants que celui de M. Parrot.

On peut dire toutefois que ses expériences ont été complètement d'accord avec celles faites par M. Jean de Tarchanof sur le développement desanimaux {1}. Cetobservateura conclu d’un ensemble de faits très nombreux qu’il y a une différence entre l'hémisphère gauche et droit, dès l'apparition des centres

(1) J. de Tarchanof. Sur les centres psycho-moteurs des animaux nouveau-nés et de leur développement dans différentes conditions. Revue mensuelle de méd, et de chir., oct. et noy., 1878,

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psycho-moteurs. Sur la gauche apparaissent tout d’abord les centres des mouvements de mastication.

Un grand nombre d'auteurs admettant sans conteste et, il faut aussi le dire, sans grandes preuves à l'appui, cette dualité embryogénique du cerveau, n’ont su en tirer d’ingénieuses déductions.

Esquiros dit à ce sujet, après avoir rappelé l’opinion de Serres sur la dualité primitive des organismes : «Il y a dans l’origine la moitié d’un homme à droite et la moitié d’un homme à gauche ; ces deux parties symétriques viennent plus tard se réunir sur la ligne médiane. S'il arrive que ce travail de conjonction des organes s’interrompe avant la naissance, nous aurons un cas de monstruosité physique. Certains phénomènes rappellent au moral cette dualité embryonnaire des organismes. »

Et il cite plusieurs exemples qui trouveront mieux leur place dans le chapitre des preuves tirées de la pathologie mentale.

Peyghou, qui s’est livré à des études fort intéressantes sur la symétrie dans le corps de l’homme, croit que cette dualité de l'embryon a persisté après le complètement du développement de l'individu. Après un long exposé de preuves sur lesquelles il s'appuie, il exprime sa conviction dans les termes suivants :

« Je crois l’avoir suffisamment établi, l’homme est double tant à l’entérieur qu'à l'extérieur, et il peut être considéré comme deux individus distincts adossés sur la ligne médiane chacun d’eux ayant toutes les conditions de l'existence et tous les organes qui peuvent le rendre complet, et il conclut deson examen qu'il y a en nous un homme droit et un homme gauche. »

« L'expérience est là pour nous prouver que l'association de nos parties n’est pas toujours si intime que leur indépendance primitive ne puisse devenir manifeste dans bien des cas. »

(1) Alphonse Esquiros. Les maladies de l'esprit, Revue des Deux- Mondes, 1847, p. 305.

(2) Peyghou. De la symétrie dans le corps de l'homme. Thèse de Paris, 1821.

« Ce ne sont pas là les maladies seulés qui dénotent l'indépendance des deux moitiés dé notre corps. Ce secret de notre organisation nous est encore révélé par l'observation journalière de nos sensations. N'est-ce pas cette union dé deux êtres en un seul qui explique le besoin continuel que nous avons de sensationsdoubles? »

On pourrait supposer qu'il n’y alà qu’une simple vue de l'esprit, si des observations très précices ne venaient en confirmer la réalité.

Broca a eu l’occasion d'examiner un enfant de onze ans qui présentait un développement inégal dés deux moitiés du corps dans leur totalité.

Il est difficile de s'exprimer plus explicitement qu'il le fait en cette circonstance :

« La moitié gauche du corps, dit-il, dans son mémoire, est notablement plus développée que l’autre. On dirait que le corps de cet enfant est formé par la réunion des deux moitiés d'indh-

vidus différents d'âge, de taille et de force (1).»

Les particularités les plus curieuses de cette observation sont celles qui résultent de la comparaison des deux moitiès de la tête. La moitié droite du crâne est notablement moins développée que la gauche. Il y a tout lieu de supposer que cette inégalité externe coïncide avec une disposition analogue des deux moitiés de l’encéphale.

Ces différences s'étendaient à la sensibilité générale et à la sensibilité spéciale plus développée d’un côté que de l’autre.

Broca ajoute que l'intelligence de l’enfant était très bonne et qu'il était au moins aussi avancé que la plupart de ses cama-

. rades.

Même avant les travaux de Flourens, l’idée de l'unité humaine était si bien fixée dans les esprits, qu'on ne peut s'étonner de voir, en 1827, un médecin de provinee, le D: Duran (de Saint-Giron), chargé de l'examen d’un monstre

(1) Brota. Inégalité congénitale des deux moitiés du corps. Mém. de la Soc. de biol., 1859, p. 59 et suiv.

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bicéphale double qui avait vécu quelques jours, terminer son rapport par ces mots :

« S'il y a des motifs pour que les deux moitiés symétriques de l’homme ne fassent qu'un tout indivis, un seul système vivant, les mêmes motifs prescrivent de ne voir qu'un seul être dans les deux parties réunies de la fille monstrueuse des

‘Pyrénées, qu'une seulé unité vivante. »

Rien n’est plus plaisant que le sérieux avec lequel M. Duran discute sur la nature simple ou double du principe de la vie départie à la fille, ou bien aux deux filles réunies dont il avait examiné la conformation anomale.

M. Duran tremblait d’effroi à la pensée qu’il pût y voir deux âmes, dans ce qu'il nomme pompeusement, une seule unité vivante. °

Personne aujourd’hui ne songerait à faire un individu uninique d'un monstre bicéphale dont on rencontre de temps en temps des exemples vivants. La première idée serait que, puisqu'il y a deux têtes, il y à deux intelligences, deux individus.

M. Castel qui fit à l’Académie de médecine une description complète de phénomènes observés Chez Ritta-Christina, concluait que ce monstre était composé de deux enfants, que leur existence était double. « [1 y à deux intelligences, disaitil ; il y a deux volontés ; les impressions ne sont point identiques, mais au contraire les actes de la vie de relation sont distincts dans l’un et dans l’autre. »

Depuis lors, il a été admis que les monstres doubles (bicéphales) étaient formés par la réunion de deux individus différents.

Dans le premier chapitre de ce travail, nous avons signalé de nombreux cas dans lesquels l’absence dé corps calleux

(4) G. St-Hilaire. Rapport fait à l'Acad.des sciences sur un monstre bicéphale (Xiphodime), sur un mémoire fait par le D' Duran, de Saint-Girons. Ann. des sc. nat.,, 1831,

(2) Castel. Deux mémoires sur l’explication physiologique des phénomènes constatés chez Ritta-Christina.

PORIDE

avait été constatée à l’autopsie de certaines personnes qui, pendant leur vie n’avaient présenté aucun signe pouvant faire supposer l’existence de cette anomalie.

L’embryogénie peut nous donner quelques explications sur le mode de formation de cet arrêt de développement.

Au deuxième mois, et même au commencement du troisième, on trouve les deux hémisphères réunis en avant par une petite commissure étroite, tandis qu’ils sont tout à fait séparés en arrière.

Aux quatrième et cinquième mois, le corps calleux est encore rudimentaire. Il est donc admissible de croire, comme le faisait M. le professeur Malinverdi, que cette absence du corps calleux est bien le résultat d'un arrêt de développement de l'organe. .

D'ailleurs ces arrêts de développement sont assez fréquents dans les autres régions de l’encéphale. On peut espérer qu’il sera possible d'arriver à en déterminer leur siège, par le simple examen des troubles qui se manifestent après la naissance.

Cest ainsi que M. Auguste Voisin (1), dans une récente communication à l’Académie de médecine, se fondant sur cinq observations avec autopsie, a déclaré que le retard dans la marche, dans la précision et l’habileté des membres chez les enfants, est dû à l’atrophie plus ou moins complète de l'écorce du cerveau, au niveau de la partie supéro-interne des circonvolutions frontale et pariétale ascendante, dans le voisinage du lobe paracentral. Les malades observés par M. Voisin, avaient présenté quelques autres troubles, tels que le retard dans la parole, la gêne et la gaucherie dans les mouvements des membres supérieures, l'impossibilité ou la difficulté d'apprendre à écrire, l’asymétrie des oreilles, etc.

De nombreuses observations faites peu de temps après la naissance, dans cet ordre d'idées, surtout si elles portaient, sur

(1) Aug. Voisin. L'atrophie de la région de Rolando dans ses rapports avec le retard de la marche chez les enfants. Acad. de méd., séance du 17 juin 1884.

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