‹ De L'Indépendance Fonctionnelle Des Deux Hémisphères CérébrauxChapitre 18 sur 32 · SU EE · texte numérisé non relu

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produire dans ces deux points une atfgmentation de chaleur ou du moins essentiellement égale. Néanmoins, les expériences lui ont donné, sans exception, une prédominance marquée de l'échauffement soit dans l'un, soit dans l’autre hémisphère.

Dans un passage de son mémoire, il insiste ainsi sur ce fait :

« Dans toutes nos expériences, et elles sont nombreuses, le galvanomètre accusait un échauffement plus marqué dans un hémisphère que dans l'autre, dès qu'une excitation sensible venait frapper l'animal. Cette considération acquiert plus de poids encore, si l’on se rappelle celle de nos expériences, où l’une des aiguilles était implantée dans le centre d’un hémisphère, l’autre dans le cervelet : dans ces cas c'était toujours dans l'hémisphère que se produisait l’'échauffement prédominant, bien que, de l’aveu de tous les anatomistes, le cervelet soit fourni plus richement que le cerveau en vaisseaux dilatables; c'est-à-dire en capillaires de moyenne grosseur. »

Rappellerons-nous le moyen ingénieux dont Schiff se servait pour mettre en action le travail mental du chien en lui présentant un morceau de lard ?

Malgré l'importance que présentent pour notre sujet les expériences et les conclusions de Schiff, nous n’y insisterons pas davantage.

Nous retiendrons seulement ce fait fondamental, à savoir, qu'elles établissent un rapport direct entre le développement de chaleur dans le cerveau et l’activité intellectuelle {1}. ;

Et nous ajouterons qu’elles ont conservé toute leur valeur, aucune recherche nouvelle n'étant venue les infirmer.

Les expériences de Lombard sur la température extérieure du crâne étaient trop séduisantes pour ne pas être poursuivies.

Broca, que rien de ce qui touche à la physiologie cérébrale nelaissait indifférent, apporta aux recherches de thermométrie céphalique l’appoint de sa puissante sagacité.

(1) Schiff, Loco citato, p. 451.

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Il y trouva des renseignements prècieux pour la diagnostie des lésions du cerveau. Les lignes suivantes indiqueront assez quel parti il espérait en tirer : | « Sur plusieurs aphémiques, nous dit-il, j'ai reconnu à la main et au thermomètre, l'existence d’une élévation de température au niveau de la région qu’occupe la troisième circonvolution frontale gauche, c’est-à-dire vers le milieu d’une ligne tirée du pavillon de l'oreille à l’angle externe du sourcil. Dans un cas que j'ai observé cette année même, la température du côté gauche était supérieure de deux degrés et demi centigrades à celle du côté droit. Le malade avait depuis peu perdu la parole, à la suite d’une attaque, qui, d’ailleurs paraissait légère. D'après l'examen thermométrique, je diagnostiquai un ramollissement aigu qui se réalisa au bout de quelques semaines (1). » d

Broca ne devait pas se borner à de simples constatations cliniques: en 1877, au Congrès scientifique du Havre,ilexposait dans un long mémoire les résultats des recherches entreprises par .lui sur la thermométrie céphalique. Les premiers essais remontaient à 1865.

Les plus récents offraient ce caractère particulier qu'ils avaient porté sur des cerveaux d'hommes intelligents.

Douze externes et stagiaires de l'hôpital des Cliniques s'étaient prêtés de bonne grâce aux expériences desquelles Broca conclut que la température moyenne prise à la surface du crâne est de 330 82.

Elles lui apprirent aussi qu'il existe une différence à gauche et à droite: ainsi tandis qu'à droite, la température moyenne était de 33, 90, à gauche, elle dépassait 34. = Broca avait acquis la conviction, qu’à l'état normal, la température était plus élevée à gauche qu'à droite, et cela de 1/10 de degré environ.

(1) Broca. Sur le siège du langage articulé. Tribune méd., 2° ann., 1880, n9 74 et 75. Re | |

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Mais ce qui l'avait le plus surpris, c’est que cette inégalité n'existait qu'à l’état de repos ; et que si le cerveau travaïllait, l'équilibre tendait à s'établir, au point de vue thermométrique, entre les deux hémisphères cérébraux.

Après s'être assuré que ce phénomène était constant. Broca, mettant à profit ce que la physiologie et l’embryogénie lui avaient appris, l’expliqua en déclarant que si d’un côté l’hémisphère gauche est mieux ifrigué, et s’il reçoit une plus grande quantité de sang, d'un autre côté, lorsque le cerveau travaille, le cerveau droit moins préparé, plus malhabile, doit faire de plus grands efforts. L'appel du sang étant alors plus considérable de ce côté, l'équilibre tend à se faire entre les deux hémisphères cérébraux (1).

En admettant que les interprétations de Broca fussent susceptibles d’être mises en doute, il n’en est pas moins certain qu’il appelait vivement l'attention sur cet ordre de recherches. sai Depuis ce moment, elles ont été de plus en plus fréquentes.

Les auteurs sont loin d'être d'accord sur les moyennes à établir. Cependant, comme on le verra dans l'étude rapide qui va suivre, un fait capital ressort de toutes leurs conclusions : ce fait, c’est qu'il existe une différence constante entre la teme pérature de chaque côté de la tête.

Nous observerons, autant que possible, l’ordre chronologique, dans l'analyse des travaux sur la thermométrie cérébrale :

Gray (2) qui a porté ses recherches sur 92 étudiants en médecine et sur 10 médecins a trouvé que la température de la région pariétale gauche était un peu plus élevée que celle de la région frontale du même côté. Il se montre disposé à rattacher ce fait au fonctionnement de la troisième frontale sous-jacente. |

- (4) Broca. Thermométrie cérébrale. Congrès scientifique du Havre. Revue scientifique, 1817, n° 41, 2e série, 45 septembre 1877.

(2) Gray. Cerebral thermometry. New-York medical Journal, août 1878. — Chicago Journal of mental and nervous disease, janvier 1879,

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