‹ De L'Indépendance Fonctionnelle Des Deux Hémisphères CérébrauxChapitre 17 sur 32 · PAS VE · texte numérisé non relu

PAS VE

Nous n’avons pas trouvé, dans le travail de M. Gley, l'étude Comparative des deux tracés du pouls carotidien pris simultanément. « L'auteur eût probablement enregistré des différences dont l'interprétation serait pleine d'intérêt. »

L'action du sang sur l’encéphale étant hors de doute, ainsi que le prouvent les travaux précédents, elle devait avoir pour premier résultat, d'y causer un dégagement de chaleur.

Claude Bernard, dans le cours de ses recherches sur la chaleur animale, a découvert que, chez le chien, le sang est plus chaud en sortant des sinus de la dure-mère qu’en arrivant à la tête, et que la différence augmente lorsqu'on excite les fonctions du cerveau (1). Né

Dès lors, il était permis de supposer que cette relation entre l’activité mentale et la température du cerveau se manifesterait à l'extérieur de la tête. Cependant, c’est en 1868 seulement, qu'un médecin américain, M, Lombard, a inventé un appareil thermo-électrique d’une grande sensibilité, permettant d'enregistrer des variations très faibles de la température. de la tête (2).

Il a trouvé que cette température s'élevait toutes les fois que, le sujet étant dans un état de repos mental, un bruit, la vue d’un objet ou toute autre cause semblable éveillait son attention.

Selon cet auteur, un travail intellectuel très actif, détermine une élévation plus considérable, mais toujours inférieure à un vingtième de degré centigrade ; le même phénomène se produit sous l'influence d’une émotion ou pendant la lecture d’une chose très intéressante ; enfin, cette production

(1) Claude Bernard. Leçons sur la chaleur animale, Paris, 1876, p. 164.

(2) J.-S. Lombard. Experiments on the relation of Head to mental Work. New-York medical Journal, 1877. — Expériences sur l’influence du travail intellectuel sur la température de la tête. Arch. de ‘physiol., T. I, p. 670.

J.-S. Lombard. Experimental researches on the temperature of ‘the head. Proceedings of the Royal Society, 1878. T. XVII.

ne dépend ni de changements dans les mouvements du cœur, ni de contractions musculaires.

De nouvelles études de M. Lombard, entreprises sur le même sujet, n’ont point depuis modifié ses premières conclusions (1).

M. Schiff voulant aussi rechercher l'influence du travail mental sur la température cérébrale, eût recours à un autre procédé, applicable seulement aux animaux.

Au moyen d’aiguilles enfoncées symétriquement dans le cerveau de chiens vivants, il obtenait, par des enregistrements galvanométriques, la température comparative du cerveau à l’état de repos ou sous l’influence d'émotions sensorielles.

Les résultats auxquels il est arrivé sont des plus intéressant. Il a reconnu notamment : qu’une impression tactile partant de l’un des deux côtés du corps, porte son excitation à la fois dans les deux hémisphères cérébraux. L'effet produit ne surprit pas Schiff. Il lui inspira simplement la réflexion ‘suivante :

« On sait que tout un hémisphère cérébral peut être désorganisé, sans qu'il y ait abolition de la sensibilité en aucun point du corps, ni perte des facultés intellectuelles, on ne constate dans ce dernier cas qu’une tendance plus marquée à la fatigue (2). »

C'est ce que Longet avait déjà fait observer.

Les expériences de Schiff, conduites avec une rigueur admirable nous offrent un intérêt particulier, en ce sens qu’elles sont comparatives. En effet, elles avaient pour but, non la détermination absolue de la température de deux points homologues du cerveau, mais la comparaison de la chaleur de ces deux points choisis en général aussi symétriquement que possible dans les deux hémisphères. Schiff pensait, avant la vérification, qu’un renforcement de l’action du cœur devait

(1) J.-S. Lombard.The normal temperature of head. London, 1881.

(2) Moritz Schiff. Recherches sur l'échauffement des centres nerveux à la suite des excitations sensitives et sensorielles, Arch, de physiol. T. III, p. 333, 1870.

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