‹ De L'Indépendance Fonctionnelle Des Deux Hémisphères CérébrauxChapitre 23 sur 32 · QUE · texte numérisé non relu

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Il ne servirait à rien de multiplier ces exemples. Ceux que nous avons donnés montrent amplement, qu'en réalité, un seul hémisphère peut, non seulement suffire à l'intégrité des facultés de l'esprit, mais encore à celle des fonctions sensitives et motrices.

Cependant, dans ces dernières années, des recherches cliniques importantes ont établi que, tandis que certaines lésions très limitées de la substance corticale s’accompagnent constamment de troubles déterminés de la motilité, d’autres, plus étendues, peuvent intéresser le cerveau dans plusieurs de ses circonvolutions, sans être accompagnées des mêmes troubles.

C'est ainsi que la clinique, apportant son concours à la physiologie expérimentale, est venue contribuer à l’étude des localisations cérébrales en permettant la détermination d’une aire cérébrale motrice.

Mais, nous ne pouvons refaire ici, après tant d’autres auteurs éminents, l’histoire complète des localisations dans les maladies du cerveau et nous renvoyons le lecteur aux travaux si complets de MM. Charcot (1), Pitres (2), H. de Boyer (3), Lepine (4), etc.

Nous voulons simplement faire ressortir les preuves que ces études de pathologie cérébrale apportent à la théorie de l'indépendance fonctionnelle des deux hémisphères: aussi nous occuperons-nous surtout de la localisation de la parole.Iln'’en est point qui mérite mieux de nous arrêter quelques instants, tant parce quelle est le siège d’un attribut caractéristique de l'espèce humaine et que la physiologie expérimentale n’a pu

(4) Charcot. Leçons sur la localisation dans les maladies du cerveau. Paris, 1876.

(2) Charcot et Pitres. Contribution à l'étude des localisations cérébrales. Revue mensuelle, 1877-1884.

(3) H.-C. De Boyer, Etudes cliniques sur les lésions corticales des hémisphères cérébraux, Paris, 1879.

(4) Lépine. Des localisations dans les maladies cérébrales. Thèse d’agrégation, Paris, 1875.

rien nous apprendre sur elle, que parce que sa découverte a été le point de départ de toutes les autres.

L'histoire de cette localisation se rattache surtout aux noms de Gall, Bouillaud, Marc Dax et Broca.

Gall, nous dit Kusmaul, est le véritable père de cette idée. Il différencia le sens vocal et le sens de ia parole, et il placa ces facultés dans les lobes frontaux, derrière et au dessus des orbites. |

Son élève Bouillaud contribua surtout à faire avancer l’étude de la localisation de la parole par sa persistance à en placer le siège dans les lobes antérieurs du cerveau (1) et par les nombreuses discussions provoquées par lui à l'Académie de médecine.

Marc Dax {de Sommières) reconnutle premier la coïncidence très fréquente des troubles de la parole avec des lésions de l'hémisphère cérébral gauche. Sa première communication devant la réunion des médecins de Montpellier, en 1836 (2), malgré sa grande valeur, resta lontemps ignorée. Son mémoire n'acquit de l'intérêt que lorsque G. Dax, son fils, en envoya un nouveau à l’Académie de médecine, mémoire dans lequel, s'appuyant sur le travail de son père et sur 140 observations diverses, il établit la coïncidence constante des troubles de la parole avec des lésions de l'hémisphère gauche (3).

(1) Kusmaul. Les troubies de la parole. Trad. Rueff, 1884.

(2) Bouillaud. Traité de l’encéphalile, 1825, p. 157 et suiv.

— Recherches cliniques propres à démontrer que la perte de la parole correspond à la lésion des lobules antérieurs du cerveau et à confirmer l'opinion de M. Gall sur le siège du langage articulé. Arch. gén. de méd., Paris, 1825. T. VIII, p. 25 et suiv.

— Exposé de nouveaux faits à l’appui de l'opinion qui localise dans les lobulcs antérieurs du cerveau le principe régulateur de la parole. Bull. de l'acad. de méd., T. IV, p. 282.

(3) M. Dax. Eésions de la moitié gauche de l’encéphale coïncidant avec l’oubii des signes de la pensée, 1836. Gaz. hebd., 1865, n° 17.

(4) G. Dax. Observations tendant à prouver la coïncidance constante des dérangements de la parole avec une lésion de l’hémisphère gauche du cerveau. Bull. de l'académie de méd., 1864-65. T. XXX, p. 193.

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- Il appartenait à Broca de préciser le siège de cette localisation en faisant dépendre l'exercice de la faculté du langage de l'intégrité de la troisième crconvolution frontale gauche (1).

C'est alors, que pour expliquer cette prééminence de l’hémis-. phèré gauche, ilémit la fameuse hypothèse fondée sur ce que la plupart des hommes sont droëtiers, et expliquà par le fait qu’il . se rencontre des gauchers, les cas où malgré une absence congénitale de la troisième circonvolution frontale gauche, la faculté de parole avait été acquise par la cir convolution frontale correspondante à droite (2).

Les faits sont venus donner raison à Broca ; et aujourd’hui tous les cliniciens sont d'accord pour admettre que /’apparition des troubles aphasiques est plus fréquente et plus persistante dans les lésions de l'hémisphère gauche.

On a cherché à établir par la statistique, la proportion de l’aphasie dans les lésions démontrées par l’autopsie, du lobe antérieur gauche et dans celles des autres lobes cérébraux.

Seguin (de New-York) établit la proportion de 514 à 31 (3).

- Aug, Voisin, lui, trouva dans l’aphasie les lobes gauches antérieurs atteints 140 fois, lés lobes droits 6 fois (4).

Un autre parallèle fort instructifest celui de Callender. Dans ses autopsies faites à l'hôpital Saint-Bartholomé de Londres, pendant de longues années, sur 13 cas d’hémiplégie droite, il constata 12 fois de l’aphasie. Dans 13 cas d’hémiplégie gauche, au contraire, il ne survint pas d’aphasie propre, quatre fois seulement une légère obscurité de la parole par paralysie PNNENME fut remarquée (5).

(4) Broca. Sur le siège de la faculté du langage articulé avec deux observations d'aphémie, Bull. de la Soc. anatom, T. VI, août, 1861.

(2) Broca. Du siège de la faculté du langage articulé dans l’hémisphère gauche. Bull. de la Soc. d’anthrop. T. VI, 1865, 15 juin.

(3) Seguin. Quarterly Journal of Psychologie Médecine, janv. 1868.

(4) A, Voisin. Art. Aphasie. Dict, de méd. et de chir. prat. T. Hi, pi

5) Callender et Kirkes. Saint-Bartholomew’s Hospital Records. Lon : don, Ti AU, p. 415, 4867 et p. 3, 1869.

Le 1.

Lohmeyer (1) réunit 53 cas d’aphasie avec autopsie. Dans 50 cas, elle coïncidait avec une lésion de l'hémisphère gauche ; 24 fois cette lésion siégeait dans la troisième circonvolution frontale ; 34 fois dans cette partie et les parties voisines y compris 7 fois l’insula : 13 fois dans l’insula gauche; dans deux cas seulement l’aphasie parut causée par les lésions de la partie antérieure du lobe frontal.

H. C. de Boyer, arrive à conclure d’un nombre de faits considérable que le centre du langage peut ne pas être limité au pied de la troisième frontale gauche et s'étendre un peu sur l'insula, qu'il peut même siéger à la fois sur les deux ré gions.

C’est ainsi que les auteurs en examinant de plus près la question, arrivaient à acquérir la certitude que non seulement les lésions de l'hémisphère gauche se lient bien plus souvent à des troubles aphasiques et mi-anarthro-aphasiques que celles de l'hémisphère droit, mais que les parties antérieures de l’'hémisphère gauche et surtout celles qui avoisinent la region insulaire sont avec les précédentes celles qui les déterminent (2).

Nous avons vu dans un précédent chapitre que Broca faisait découler la prédominance de la main droite du développement plus hàtif de l'hémisphère gauche. Il donnait la même explication à la localisation du centre du langage dans le même côté du cerveau,

En somme pour la plupart des œuvres délicates, nous préférons l'hémisphère gauche, alors que pour les œuvres grossières nous employons les deux hémisphères. Nous nous servons des deux pour certains jeux tels que le piano et le violon et pour ce dernier d’une façon fort distincte (3).

Pour le dessin et l'écriture nous perfectionnons la moitié cérébrale gauche; même les gauchers le font; seules les per-

(1) Lohmeyer. Arch. fur. Klin, chir., 1872, T. XIII, p. 309. (2) Kusmaul. Loco citato, p. 181 et 183.

-(8) Wilks. Guy’s hospital Reports. Vol, XVII.

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sonnes qui présentent des défectuosités dans le bras droit emploient le cerveau droit.

Nous ne pouvons par conséquent pas hésiter à dire, avec Kussmaul : Les centres d'innervation du cerveau sont doubles pour toutes les œuvres manuelles, mais la majorte des hommes sont cependant droiliers etne font usage pour la plupart de leurs travaux que du cerveau gauche.

Ils ne se servent en particulier pour parler que du cerveau gauche.

Mais les cliniciens français sont trop portés à regarder l’aphasie comme une sorte d’entité morbide, sans tenir un compte suffisant des actes élémentaires qui constituent la parole et dont l'analyse est indispensable pour arriver à une synthèse rationnelle.

Kussmaul a eu raison de diviser l’aphasie en un certain nombre de troubles secondaires, tels que l’aphasie ataxique ou défaut de coordination motrice des mots, aphasieamnésique ou perte de la mémoire des mots, surdité verbale ou impossibilité de comprendre les mots, cécité verbale, impossihbilité de les lire, etc.., et d'attribuer aux couches corticales la responsabilité de tous ces désordres dont chacun doit avoir une localisation distincte.

Aux nombreux arguments fournis par la physiologie expérimentale en faveur de cette théorie la clinique vient tous les jours ajouter de nouvelles preuves. Jusqu'ici, en effet, nous dit M. Magnan, toutes les fois que dans les cas de cécité ou de surdités psychiques, le résultat anatomo-pathologique a pu être fourni, les régions que la physiologie expérimentale avait désignées comme centres sensoriels corticaux ont été trouvées altérées; dans quelques cas il est vrai, la lésion était plus étendue et dépassait les limites assignées à ces centres ; mais néanmoins en comparant ces faits, en superposant les divers schémas fournis par les auteurs, on trouve toujours une région commune qui Correspond justement au centre sensoriel cortical.

On peut s’en assurer en comparant pour la cécité psychi-

que les cas de Déjérine (1), de Broadbent (2), de Magnan (3), d’après lesquels la région du pli courbé se trouve plus particulièrement intéressée ; pour la surdité psychique les faits de Wernicke (4), de Giraudeau (5), de Fritsch (6), (service de Meyner) et de Magnan, qui désignent la partie moyenne de la première temporale ; enfin deux cas mixtes de cécité et de surdité psychique, de Chauffard (8), et de D'Heilly et de Chantemesse (9), dans laquels les deux régions sont atteintes.

Kussmaul, qu nous citons le plus souvent, car c'est à lui que nous devons le travail le plus important sur les troubles de la parole, a déduit de tous ces faits plusieurs considérations générales, entre autres celles-ci.

« La troisième circonvolution frontale des hémisphères céré braux est d'une importance réelle pour la parole.

« On doit probablement attribuer la même importance à l’insula.

« Il faut aussi faire remarquer que la troisième circonvolution frontale et l’insula de l'hémisphère gauche jouent ouvertement dans la parole, un rôle plus emportant que l'hémisphère droit.

(1) Déjerine. In Skwortzorff. Cécité et surdité des mots dans l'aphasie. Thèse de Paris, 1883.

(2) Broadbent. Cérébral méchanmis of though and speech. Mel. chir. trans. T. IV, 1872.

(3) Magnan, Cécité des mots ou cécité psychique. Compt. rend. de la Soc. de biol., 45 mai 1883.

(4) Wernicke. Des aphasische symptomus complex, p. 39, Breslau,

(5) Giraudeau Note sur un cas de surdité cérébrale. Revue de médecine, 1882.

(6) Fritsch. Wiener medicinische Presse, 1880.

(7) Magnan. Aphasie, surdité des mots ou surdité psychique. Compt. rend. de la Soc. de biol., 12 mai 1883.

(8) Chauffard. Sur un cas de surdité et de cécité cérébrales. Revue de méd., 10 nov, 1881.

(9) D'Heiliy et Chantemesse. Note sur un cas de surdité et de cécité verbales. Bull. de la Soc. anat., p. 324, 1883.

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Ce qui laissérait entendre que l'hémisphère droit peut posséder, jusqu’à üun certain degré, le pouvoir de jouer un rôle dans l’exercice de la faculté du langage.

Si nous en croyons quelques expériences récentes, l'hypnotisme expérimental confirme cette manière de voir.

Ayant reconnu qu'il pouvait produire l’aphasie sur deux hystériques de son service, en état de somnambulisme, en exerçant une simple pression au nivéau de la région téemporale gauche, M. Dumontpallier eut l’idée de rechercher ce qu'il obtiendrait en pressant sur la région temporale droite, chez l’une,la nommée C..., en agissant sur le Côté droit; il détermina ainsi l’aphasie et la perte du langage écrit. [l obtint aussi les mêmes résultats, chez l’autre, la nommée G...

Poussant plus loin ses recherches et ses expériences relativés à l'effet produit sur les centres cérébraux (psycho-moteurs) par les diverses excitations périphériques, M. Dumontpallier obtint les résultats suivants :

Si on faisait dire à la malade. en état de somnambulisme le nom de plusieurs objets qu’on lui présentait et si on exercçait subitement au niveau du crâne qui correspond à la troisième circonvolution frontale gauche, la moindre action (pression, vent d’un soufflet capillaire), la malade perdait immédiatement la mémoire des mots qu’elle venait de prononcer.

Au contraire, sion exerçait la même pression au nivéau du point crânien correspondant à la première c’rconvolution frontale gauche, on constatait que la malade conservait la mémoire des mots, mais quelle était frappée de l’oubli de l’usage des objets.

Ainsi. elle pouvait donner une clef qu'on lui présentait, mais était devenue incapable de dire à quoi servait cette clef.

Chez les deux sujets en expérience, on obtenait le même résultat en agissant indifféremment sur la région frontale à droite et à gauche.

Pour rendre aux sujets la mémoire perdue, il suffisait dans tous les cas, d'exercer à nouveau la même préssion eur le même point, en un mot, de répéter l'excitation.

Dans les expériences précédentes, si on attendait pendantun temps assez prolongé avant de rendre au sujet la faculté perdue, on constatait que cette faculté se rétablissait d'elle-même.

Si, au contraire, on maintenait le doigt au niveau du point touché, si, en un mot, on exercait l’action d’une facon continue, on observait des oscillations de perte et de retour dela mémoire.

Bien que ces expériences n'aient été répétés que sur un petit nombre de sujets, elles n’en sont pas moins extrêmement importantes, car elles concordent dans une certaine mesure avec les données cliniques actuelles.

Elles méritent donc qu'on les reprenne et constituent telles qu'elles sont, ainsi que laconstatation clinique de la localisation de la faculté du langage dans un hémisphère plutôt que dans l’autre, autant àe preuves de l'indépendance fonctionnelle des deux hémisphères cérébraux.

Il ne nous reste plus, avant de terminer ce chapitre, qu'à examiner, avec les différents auteurs qui se sont livrés à cette étude, si les lésions du cerveau présentent la même gravité, et les mêmes symptômes, selon qu’elles siègent dans l’hémisphère droit ou dans le gauche.

Depuis 1862, Brown-Sequard {1} à fait le relevé des principaux symptômes indiqués dans la plupart des observations de maladies de l’encéphale. 11 est arrivé ainsi à établir qu'il existe des différences très tranchées entre les symptômes des lésions traumatiques et organiques de la moitié droite et ceux des mêmes altérations de la moitié gauche du cerveau.

C'est ainsi, par exemple, que leslésions du côté droit produisent plus fréquemment des troubles variés de la nutrition (eschare, œdème, etc..….,) et des évacuations involontaires.

Ainsi, sur à peu près le même nombre de faits relatifs au côté droit et au côté gauche de l'encéphale, on trouve, pour les lésion de l’hémisphère droit, 49 fois des évacuations involontaires doubles, 19 fois des évacuations involontaires simples

(4) Brown-Séquard. Symptômes variés suivant le côté de l’encéphale qui a été lésé. Bull, dé la Soc. de biol., 1870, p. 27, 96, 116.

(urine ou matières fécales) ; et pour l’hémisphère gauche, 24 fois des évacuations involontaires* doubles et 11 fois des évacuations involontaires simples.

M. Brown-Séquard a démontré aussi que les lésions à droite sont plus souvent mortelles chez le cochon d'Inde, et les faits prouvent quelles le sont aussi plus rapidement. Il en est de même chez l'homme; dans les cas de paralysie à gauche, dépendant de lésions cérébrales droites, ces paralysies sont en général beaucoup plus considérables. Le même auteur à remarqué qu'il y avait une élévation de température plus grande après les lésions à droite qu'après les lésions à gauche.

Revenant sur cette question (1}, M. Brown-Séquard a répété encore depuis que les régions de l’hémisphère droit donnent lieu à d'autres phénomènes que ceux de l'hémisphère gauche ; ainsi la déviation conjuguée des yeux, les convulsions, l’amaurose, la congestion pulmonaire, la production de l’ædème et des eschares se rencontrent de préférence quand c’est l'hémisphère droit qui est lésé.

A lésion égale, la paralysie est plus intense, la mortalité plus grande si la lésion siège dans l'hémisphère droit.

Les paralysies hystériques siègent beaucoup plus souvent dans les membres du côté gauche, l’hématome de l'oreille de même ; cela indique une altération fonctionnelle de l’hémisphère droit.

M. Brown-Séquard ne croit point que ces faits soient le résultat d’une différence originelle entre les deux hémisphères. Il croit simplement que l’exercice et le fonctionnement ont seuls créé une différence plus sensible aux lésions. M. le professeur Charcot a aussi appelé l'attention sur la production de l’eschare de la fesse dans la lésion de l'hémisphère droit.

M.Prévost(2)a constaté aussi dans leslésions de l'hémisphère

(1) Brown-Séquard. Parallèle des phénomènes différents observés dans les lésions de l’hémisphère droit el gauche du cerveau. Bull, de la Soc de biol., 1871, p. 96.

(2) Prévost. Déviation conjuguée des yeux dans le cas de destruction d'un seul hémisphère, Thèse de Paris, 1878, p. 140.

droit une fréquence plus grande des convulsions de la tête et des yeux.

Le Dr Fleury est arrivé à des conclusions différentes.

« Au point de vue du pronostic, nous dit-il, toutes choses égales d’ailleurs, il est toujours plus grave à la suite d’un ictus apoplectique de rester paralysé de la moitié droite que de la moitié gauche du corps (1} ».

11 ressort aussi des faits. exposés par M. Luys dans un récent travail, que les hémiplégies droites, avec lésion du lobe gauche, sont accompagnées presque toujours de symptômes spéciaux, C'est-à-dire d’excitation des facultés emotives (2).

M. le professeur Jaccoud, s'appuyant sur le fait que les ramollissements emboliques sont plus fréquents à gauche qu’à droite et que ceux-ci proviennent surtout de l’artère de sylvius, s'était montré disposé à expliquer l’apparition plus fréquente des troubles de la parole dans les lésions de l’hémisphère gauche, simplement par la plus grande fréquence de l’embolie de l'artère sylvienne qauche (3).

La statistique n’est pas venue confirmerune telle affirmation.

Il est juste de dire que, dans les deux études comparatives de Meissner (4), sur 38 cas d'embolie unilatérale de l'artère sylvienne ou de la carotide, ces artères furent oblitérées 26 fois à gauche et 12 fois seulement à droite. Bertin (5) note même des embolies de la carotide et de la sylvienne, 31 fois à gauche et 7 fois seulement à gauche. Mais, pour Kussmaul, si on compare la proportion des noyaux de ramollissement dans l'hémisphère droite ow gauche, de quelque nature qu'ils soient, on constate qu'ils se produisent à droite encore plus fréquemment qu'à gauche (6).

(1) De Fleury. Du dynamisme comparé de deux hémisphères cérébraux, 1873, p. 136.

(2) Luys. Hémiplégies émotives. Encéphale, 1881. T. I, p. 398.

(3) Jaccoud. Leçons sur l’aphasie. Clinique médicale, T. If.

(4) Meissner. Schmidt's Jahrb. Band CXVII, p. 248. Band CXXVI, p. 340.

(5) Bertin, Schmidt’s Jahrb. Band CXLVII, p. 288

(6) Kussmaul. Les troubles de la parole, 1884, p. 181.

Cette dernière opinion $e rapprochérait de celle d’Andral (1), qui dans 169 cas de ramollissements cérébraux, les rencontra 73 fois à droite, 63 à gauche et33 fois dans les deux hémisphères.

Mais l’auteur qui à poussé le plus loin les études comparatives sur la gravité et la fréquence des deux côtés du corps est M. le D' Gaétan Delaunay.

Pout cet auteur, il est avéré que certaines maladies ont une téndañce marquée à se localiser du côté droit tandis que d’autres s'installént toujours du côté gauche.

Nous ne retiendrons de toutes les opinions que nous venons de passer en revue, qu’ün fait que nedétruit pas le désaccord qui sèmblé régnér Souvént entre les auteurs; ce faitestle suivant : c'est que les lésions des deux hémisphères nè se présentent pas ävec lé même cortège de symptômes et la même gravité.

Aù point {de vue du pronostic et de la symptomatologie, il régnérait donc entré eux une certaine indépendance qui ne doit point nous élonñer, puisque nous savons déjà que cette indépendance existé au point de vue du fonctionnement physiologique.

(1) Andral. Clinique médicale, T. IT, p. 377-378.

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