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CHAPITRE IX

SUGGESTIONS BILATÉRALES, DE CARACTÈRE DIFFÉRENT POUR CHAQUE COTÉ, DANS L'ÉTAT CATALEPTIQUE.

Braid, le premier, a constaté que dans l’état cataleptique, en imprimant aux membres du sujet une attitude déterminée, l'émotion en rapport avec l'attitude imprimée se manifeste immédiatement sur les traits de son visage. C'est ce qu’il appelait la suggestion par les gesles, et ce que nous avons appelé, dès nos premières expériences, la suggestion par l’intermédiaire des sens musculaires. Ainsi, par exemple, si l’on joint les mains du sujet, ses traits réfléteront le recueillement de la prière et toute son attitude indiquera la supplication ; qu'on lui place le bras à moitié fléchi, le point fermé, aussitôt l’on verra se peindre sur la physionomie l'expression de la colère et de la menace. Les mains étant placées dans la position de porter un fardeau, de grimper, de combattre, etc., l’idée des actions s’accuse très nettement dans toute l'attitude du sujet (1).

Braid a même vu que l'excitation portée sur un groupe de muscles très limité peut déterminer un effet de physionomie très accentué : « Ainsi, dit-il, le simple plissement de la peau à la région moyenne du front évoque des images tristes, quelle que soit l’impression maîtresse du mouvement, quel que soit l'organe en jeu. De même, le relèvement de la tête, le patient étant à genoux, amène à penser au ciel et à la lu-

(1) Azam. Note sur le sommeil nerveux ou hypnotisme. Arch. gén. de médecine, 1860, p. 19.

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mière ; l'abaissement de la tête fait au contraire penser à l’enfer, aux ténèbres et aux choses tristes ; c’est ainsi qu’on peut provoquer et modifier à volonté les idées chez les individus « en possession »; on peut les conduire du grave au doux, du plaisant au sévère. Leur manière d’être se modifie, ils sentent, ils voient, comme si tout ce dont il est question était la réalité. Ils agissent, ils parlent sans le moindre signe de volonté personnelle, tandis qu'ils sont soumis à une volonté étrangère d’une manière si catégorique (1). »

Depuis, ces faits ont été vérifiés un grand nombre de fois. Carpenter notamment s'est porté garant de la vérité des faits décrits par Braïd 2).

Un point important à signaler, c'est que la personnalité de l'observateur n’est absolument pour rien dans la naissance ou la disparition de ces singuliers phénomènes. La malade absolument passive est impressionnée de la même facon par la parole (le geste ou l'excitation) de qui que ce soit. Née à la voix d'un observateur, l’hallucination peut continuer et se modifie sous l'influence d’un autre, elle peut disparaître au commandement d'un troisième (3).

M. Charcot a repris, avec beaucoup de soin, cette étude des phénomènes de suggestion par l'intermédiaire du sens musculaire, et, il ne s’est pas borné à les constater, il a mis en relief le mécanisme interne qui relie le geste à la parole en faisant une expérience inverse. ,

En faisant contracter successivement, au moyen de la faradisation, les différents muscles de la face suivant le procédé de Duchenne de Boulogne, il a vu, chez certains sujets, les meinbres par des attitudes variées se mettre en harmonie avec les expressions qu'ilavait artificiellement imprimées à la physionomie.

(4) Braid. Neurhypnologie. Traité du sommeil! nerveux. Traduction J. Simon. Paris, 1883, p. 249 et suiv.

(2) Carpenter. Art. Sleep. In cyclopædia of anatom. and physiology of Tood.

(3) P. Richer. L'hystéro-épilepsie. Paris, p. 398.

Tous les observateurs avaient donc acquis la certitude qu’on peut, chez un sujet en Catalepsie, provoquer une suggestion unique par les différents procédés indiqués plus haut (parole, geste imprimé, attitude imposée).

Mais, il n'était venu à l’idée de personne de rechercher si, en imprimant une attitude différente à chaque côté du corps du sujet en expérience, on obtiendrait une expression faciale différente pour chaque côté du visage; en un mot, une double émotion, sensation et perception, pouvait-elle se manifester simultanément sur chaque coté du visage et du corps ?

C’est ce que M. Dumontpallier et nous-même avons réalisé par des expériences multiples chez plusieurs hystériques.

Nous allons reproduire le résumé de chacune de ces expériences, dans l’ordre dans lequel elles ont été exécutées :

PREMIÈRE EXPÉRIENCE. — Une malade, la nommée Pauline G..., âgée de 20 ans, mise en catalepsie.

On s’est assuré préalablement que sa sensibilité était également répartie des deux côtés du corps. L'expérimentateur pose l'extrémité des doigts de la main gauche de la malade sur les lèvres de ladite malade et imprime au bras du même côté les mouvements qui sont exécutés dans l'acte qui consiste à envoyer des baisers avec la main. Aussitôt la malade répète le mouvement, en même temps que le côté gauche de sa figure prend l’expression du sourire et s’'épanouit. Pendant que les mouvements du bras gauche continuent et que le côté gauche de la face conserve l'expression du sourire, on donne au bras et à la main du côté droit l'attitude que prendrait une personne qui repousserait un objet, une image qui lui ferait horreur; la malade conserve au bras droit cette attitude, et le côté droit du visage prend l'expression de la terreur ; le sourcil se contracte, la commissure labiale droite s’abaisse.

Dans cet état, le visage de la malade offre une expression double qui est en rapport avec les attitudes des membres.

La malade, une fois réveillée, ne se souvient de rien de ce qui s’êst passé.

DEUXIÈME EXPÉRIENCE. — Une autre malade, la nommée Maria C..., âgée de 22 ans, est mise en Catalepsie.

On fait aussi sur elle l'expérience de double suggestion simultanée, en donnant au membre supérieur gauche le geste de l’adieu, et au membre supérieur droit le geste du commandement. :

Alors le visage, du côté droit, prend l'expression sévère d’une personne qui donne un ordre impérieux, et le visage, du côté gauche, prend l'expression douce d’une personne qui sourit.

Après ces expériences si décisives, il était possible d'en multiplier la répétition à l'infini en variant les attitudes.

La photographie instantanée, en fixant les résultats obtenus, fournissait un excellent moyen de contrôle.

En communiquant ces faits à la Société de Biologie, M. Dumontpallier ajoutait les considérations suivantes :

« N’est-il pas rationnel de supposer que, dans cette expérience, l'acte musculaire d'un côté a suggéré dans l’hémisphère opposé du cerveau une expression qui s’est traduite par l'expression hémi-latérale de la face,

« Chaque hémisphère cérébral, dans cette expérience, aurait donc été mis en activité par un acte musculaire, et la perception de chaque moitié du cerveau se serait manifestée par .des contractions musculaires du visage, qui d’un côté exprimaient le sourire et de l’autre la frayeur.

.« Cette expérience ne prouvait-elle pas l'indépendance fonctionnelle de chaque hémisphère cérébral, indépendance rendue manifeste par une imitation réflexe, dont le siège primitif était dans les muscles du bras droit et du bras gauche.

Depuis, M. Charcot a vérifié la réalité de ces faits en constatant qu’il est possible, en donnant aux deux bras d’un sujet en catalepsie une attitude d'impression contraire, d'amener, par exemple, le sourire sur une moitié de la face, pendant que l'impulsion de la colère est marquée sur l’autre moitié par le le froncement du sourcil (1).

(1) J.-M. Charcot. Exposé des titres scientifiques de M. J.-M$ Charcot, septembre 1883.

Illusions, hallucinations bilatérales de caractère différent, pour chaque côté, dans l'état somnambulique.

Bien que dans les différents états de l'hypnotisme on puisse, par des procédés variés, donner lieu à des phénomènes qui paraissent relever des suggestions telles que les entend M. Bernheïm (1), nous pensons que la période de l’hypnotisme, désignée par M. le professeur Charcotsousle nom de somnambulisme est celle dans laquelle on peut le plus facilement produire les différents phénomènes qui ont pour origine les impressions sensitives périphériques (21.

En effet, c'est dans cette période de somnambulisme que le sujet en expérience reste surtout en Communication avec l’observateur (3).

Tous les observateurs ont été préoccupés par la question de savoir si la conscience persiste dans l’état de somnambulisme.

Pour Prosper Despine(3),le somnambulisme est caractérisé physiologiquement par l'exercice de l’activité d'états différents de l'hypnose. Or, lorsqu'on.se place au point de vue expérimental, il est absolument indispensable pour l'opérateur de pouvoir déterminer exactement la période dans laquelle se trouvent les sujets en expérience.

Ïl arrive souvent qu'une méme cause, exercée à des degrés différents, peut produire chez certains sujets la léthargie, chez certains autres la catalepsie, enfin chez quelques-uns le som-

(1) Bernheim. De la suggestion dans l'état hypnotique, dans l'état de veille. Nancy, 1883. Compt. rend. de l’Acad. des sc., 1882.

(2) Une étude répétée et plus approfondie de la succession quelquefois très rapide des différentes périodes de l'hypnotisme ou de.certains élats mixtes, permetira certainement, dans l'avenir, de faire la juste part qui revient aux différentes périodes dans les phénomènes dits de suggestion, en général.

(3) Prosper Despine. Etudes scientifiques sur le somnambulisme, Paris, 1880.

nambulisme. C’est ce qui explique la confusion qui existe dans l’esprit des expérimentateurs exposés à confondre sous la dénomination générale de léthargie, de catalepsie ou de somnambulisme, tous les faits qu'ils ont obtenus par les mêmes procédés. à

Nous avons admis plus haut que chez le somnambule il y a une aptitude particulière à transformer, à l'insu de sa volonté, l'idée recue en acte ou en mouvement.

C'est en partant de ce principe que nous avons entrepris de provoquer chez des sujets en somnambulisme des illusions et des hallucinations simples ou doubles des divers sens, en agissant sur le cerveau de la malade par l'intermédiaire de l’ouie.

Nous donnons les expériences dans l’ordre où elles ont été exécutées :

D’après cette doctrine, l'hypnotisé marche ou agit comme la grenouille décapitée nage, il est un mécanisme inconscient à la merci de l’endormeur.

Pour M. Bernheim, au contraire, l’activité cérébrale volontaire peut ne point ètre complètement endormie chez l’hypnotisé.

Nous ne voulons pas entrer dans cette discussion, qui n'est pas close, pour savoir si la conscience persiste ou est abolie pendant le somnambulisme.

Nous retiendrons seulement ce que nous dit à ce sujet M. le professeur Bernheim :

« La seule chose certaine, c’est qu'il existe chez le sujet hypnotisable ou impressionnable à la suggestion une aptitude particulière à transformer l'idée reçue en acte.

Or, c'est ce qui se passe au plus haut degré dans l’état de somnambulisme type, tel que le décrit M. le professeur Charcot.

On remarquera avec quel soin nous précisons, car, en effet, le mot de somnambulisme, pris dans l’acception aussi large que l'ont fait la plupart des auteurs, et en particulier par

(1) Ch. Bernheim. Loco citato, p. 85.

.rêe

MM. Ch. Richet {1} et Chambard (2), comprend un certain nombre d'états différents de l’hypnose. Or, lorsqu'on se place au point de vue expérimental, il est absolument indispensable pour l'opérateur de pouvoir déterminer exactement la période dans laquelle se trouve les sujets en expérience.

Il arrive souvent qu'une même cause, exercée à des degrés différents, peut produire chez certains sujets la léthargie, chez chez certains autres la catalepsie, et enfin chez quelques-uns le somnambulisme; c'est ce qui explique la confusion qui existe dans l'esprit des expérimentateurs exposés à confondre sous la dénomination générale de Zéthargie, de catalepsie ou de ‘ somnambulisme, tous les faits qu'ils ont obtenus par les mêmes procédés.

Nous avons admis plus haut que chez le somnambule il y a une aptitude particulière à transformer, à l’insu de sa volonté, l’idée règue en acte ou en mouvement.

C'est en partant de ce principe que nous avons entrepris de provoquer, chez des sujets en somnambulisme, des illusions et des hallucinations, simples ou doubles, des divers sens, en agissant sur leur cerveau par l'intermédiaire de l’ouïe.

Nous donnons les expériences dans l’ordre où elles ont été exécutées :

PREMIÈRE EXPÉRIENCE : Lllusions du goût. — La malade, Mne C..., est mise en somnambulisme par pression sur le vertex.

Auparavant, à l’aide des plaques métalliques, on lui a également réparti la sensibilité générale et la sensibilité spéciale sur les deux côtés du corps.

Dans l’état somnambulique, on constate que la malade sent bien les piqûres à droite et à gauche, qu'elle perçoit les odeurs

(1) Ch. Richet, Du somnambulisme provoqué. Journ, de l’anat. et de la physiol., 1875, (2) Chambard. Etude symptomatologique sur le somnambulisme, Lyon médical, 1883, Bérillon. 12

par les deux harines, entend les sons par les deux côtés. Seule,’ la vue n’est pas très distincte. |

Le sens du goût, sur lequel doit porter l'illusion, est parfaitement exact et lui donne des sensations réelles.

Dans ces conditions, on dépose sur le côté droit et sur le côté gauche de la langue de la malade quelques gouttes d’eau. Elle à nettement la sensation du contact et du goût de l’eau.

Mais, si on lui dit qu’elle se trompe, et que ce n’est pas de l’eau mais du rhum qu'on dépose sur le côté droit de la langue, elle en convient et fait une grimace qui marque son dégoût.

De même, si on met quelques gouttes d'eau sur le côté gauche, on lui persuade facilement que c'est du sirop; elle à l'illusion d’un liquide sucré et elle trouve cela agréable.

L’illusion doublesimultanée du rhum etdu sirop sur lalangue dure un certain, et la malade, interrogée à nouveau, trouve bizarre qu’on lui ait mis du rhum sur un côté de la langue et du sucre de l’autre côté.

Ainsi, dans cette expérience, Le malade avait, à un moment donné, et cela simultanément, la saveur amère du rhum d’un côté de la langue, et la saveur sucrée du sirop de l’autre côté.

Il y avait donc une double perception cérébrale, fausse, illusoire, dont le point de départ avait été une sensation distincte et vraie pour chaque côté de la langue.

N'’est-il pas rationnel de penser de cette expérience que la sensation linguale, bilatérale exacte, réelle d’abord, a été l’occasion de deux illusions gustatives dont le siège, distinct pour chacune d’elles, était dans un hémisphère cérébral différent, correspondant à l’origine du nerf sensitif. |

DEUXIÈME EXPÉRIENCE : lllusions de l'odorat. — Une expérience semblable a été faite par l'organe de l’odorat et a donné les mêmes résultats.

Pendant l’état somnambulique, la malade percevait avec la même intensité, par la narine droite et par la narine gauche, une odeur réelle qu’on lui présentait; mais, sion lui affirmait qu’elle se trompait, etsi,mettantalternativement un flacon rempli d’eau ordinaire sous chaque narine, on lui disait que sous la narine:

ie Er TS a droite c'était de la verveine, et sous la narine gauche du vimaigre, la malade percevait à la fois les deux différentes odeurs,

et la sensation restait distincte pendant un certain temps. Il y avait donc encore là, illusion double et simultanée.

TROISIÈME EXPÉRIENCE : Z/lusions du toucher. — Des illusions analogues pouvaient être suscitées lorsqu'on portait un excitant sur la surface cutanée alternativement pour chaque côté du corps ou simultanément pour les deux côtés.

Dans ces expériences, une sensation avait été l’occasion d'une illusion.

Dans les faits qui précèdent, l'excitation primitive sensorielle qui provoquait l'illusion n'était pas nécessaire ; on pouvait d'emblée créer des hallucinations du goût et de l’odorat en disant à la malade qu'elle avait une saveur différente pour chaque côté de la langue; ou Bien qu’elle avait des flacons d’odeurs différentes sous chaque narine.

C'étaient là de véritables hallucinations du goût et de l'odorat.

Mais le fait le plus caractéristique était le suivant : c’est que les illusions et les hallucinations étaient accompagnées d'une expression spéciale de chaque côté du visage, expression qui répondait à la nature de l'illusion ou de l'hallucinaton.

Dans une seconde série d'expériences, les illusions et les hallucinations ont porté sur l'ouïe et sur la vue (1) :

PREMIÈRE EXPÉRIENCE : llUlusions, hallucinatons de l’ouïe et de la vue. — La malade étant toujours dens la période somnambulique de l'hypnotisme, on lui fait entendre les airs d’une boîte à musique, elle marque la mesure et son visage témoigne la satisfaction qu’elle éprouve. On déclame à côté d'elle les vers d’une tragédie, elle prend l'attitude d’une personne qui écoute avec attention et son visage traduit les im-

(4) Dumontpallier. De l'indépendance fonctionnelle des deux hémisphères ‘cérébraux. Bull. de la Soc. de biologie, 1882, p. 794 et suiv,

Pari pressions que font naître les différents sentiments exprimés par les personnages en scène.

Elle a donc parfaitement entendu, parfaitement compris et saisi les nuances musicales de l'instrument et les sentiments

de la scène tragique.

Son visage exprima toutes ses sensations, tous ses sentiments, et cela avec une délicatesse qui n’eût pas été aussi manifeste à l’état de veille.

Cela étant, on lui bouche hermétiquement l’oreille droite, appliquant un linge plié en plusieurs doubles ; puis, l’expérimentateur se mettant à la gauche de la malade, lui décrit un tableau champêtre, et lorsqu'elle déclare voir tout ce qu’on vient de décrire, il l’engage à dire ce qu'elle voit. Elle continue le tableau, expose les actes des personnages et son cerveau crée une scène qui fait suite au récit. À ce moment, pendant qu'elle continue à parler, oh enlève le linge appliqué sur l’oteille droite, et on lui décrit dans cette oreille une scène de carnage. La malade est effrayée, ef son visage exprime à ce moment, du côté droit, la frayeur, tandis que le côté gauche de son visage exprime la satisfaction de la vue du tableau champêtre. Alors on lui demande, en s'adressant alternativement à l’une et l’autre oreille, de retracer chacun des épisodes de cette double hallucination de la vue dont l’origine a été dans l'organe de l’ouïe et, elle reträce alternativement, au gré de l’expérimentateur, la scène de chasse et la scène champêtre, tandis que chaque côté du visage conserve l'expression en rapport avec chacun des tableaux qu’elle continue à voir.

Plus tard, les expériences ont été simplifiées de la manière suivante, en agissant simultanément de chaque côté :

Deux expérimentateurs se placent l’un à gauche, l'autre à droite de la malade, un appareil photographique est disposé de façon à enregistrer le double effet facial produit.

Pendant qu’un expérimentateur dit à l'oreille gauche que le temps est admirable, l’autre lui dit à l'oreille droite qu'il est pluvieux. On constate, de la façon la plus manifeste, que la face de la malade a révélé à gauche une expression riante

nettement caractérisée, et à gauche une expression des plus maussades.

On renouvelle l'expérience précédente ; seulement, pour varier les expressions, on fait à l'oreille gauche de la malade le récit d’un deuil cruel, et à l'oreille droite celui d’une agréable

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