‹ De L'Indépendance Fonctionnelle Des Deux Hémisphères CérébrauxChapitre 8 sur 32 · EUR · texte numérisé non relu

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M. ox

du cerveau, qu’il a étudié circonvolution par circonvolution, a confirmé l'opinion générale émise par Meynert. à savoir que la disposition des cellules n’est pas la même dans les parties antérieures et dans les parties postérieures d’un hémisphère. Les territoires moteurs renfermant, selon Betz, des cellules, qu'il à décrites sous le nom de cellules géantes et dont le nombre est beaucoup plus considérable que dans toutes les autres régions.

Il est donc actuellement démontré que la structure d’un hémisphère n'est point homogène dans toutes ses parties.

Tout en regrettant que des études histologiques comparatives n'aient point été faites sur les parties symétriques des deux hémisphères, nous croyons que la différence qui existe dans la répartition des cellules entre les diverses régions d’un même lobe doit exister, à plus forte raison, entre les deux hémisphères.

Bien qu'au premier aspect chacun des deux hémisphères semble faire un organe distinct, un centre nerveux, la présence des commissures [transversales interhémisphériques et en particulier du corps calleux pourrait faire penser que les deux centres nerveux constitués par les deux hémisphères ne sont qu’un organe unique.

Mais tous les animaux n’ont pas de corps calleux.

En effet, se montrant d’abord chez les mammifères inférieurs, il s'accroît de volume chez les êtres supérieurs de la série et atteint chez l’homme son maximum de développement.

Et chose singulière, comme le fait remarquer M. Mathias Duval (1), l'absence de corps calleux a été observée sur des cerveaux humains sans qu'aucun phénomène eût pu pendant la vie faire soupconner qu’on trouverait, à l’autopsie de ces sujets, l’encéphale privé d'une partie à laquelle on croit

‘pouvoir attribuer un rôle si important.

(1) Mathias Duval. Art. Système nerveux. Hemisphères cérébraux. Nouveau dictionnaire de médecine et de chirurgie.

J. Sander (1), a réuni les observations de onze cas d'absence de corps calleux. Plusieurs des sujets n’avaient jamais mani-. festé de troubles intellectuels. Deux des individus examinés remplissaient pendant leur vie les fonctions de messager et n'étaient nullement dépourvus d'intelligence ; aussi Sander croit-il pouvoir dire : « Les fonctions attribuées au corps calleux sont la coordination des mouvements volontaires et la production des hautes facultés de l’âme. Mais en présence des faits cités, l’une et l’autre de ces hypothèses sont également insoutenables. »

Reil, longtemps avant Sander, avait rapporté une observation d'une femme de 30 ans bien portante, ayant assez d'intelligence pour faire les commissions d’une ville à l’autre, dont le corps calleux offrait une solution de continuité dans toute la longueur de la partie moyenne ou plutôt que cette partie moyenne manquait Complètement, de sorte que les couches optiques se montraient à découvert et que les deux hémisphères étaient unis seulement par la commissure de ces couches (optiques), par la commissure antérieure et par les tubercules quadrijumeaux (2). Il n’y avait ni genou, ni cuisses de corps calleux, par conséquent point non plus de cloison transparente, puisque celle-ci est située dans l’intérieur du senou. Les lobes antérieurs du cerveau étaient tout à fait séparés l’un de l’autre en avant jusqu’à la commissure des nerfs optiques et à la commissure antérieure, etle point de leur face interne où le genou et le bec du corps calleux auraient pu pénétrer dans leur substance était couvert de circonvolutions comme le restant de la surface du cerveau, etc.

C'est cette observation jointe à d’autres recueillies par lui -avait permis à Longet (3) de s’insurger contre la doctrine

(1) J. Sander. De l'absence du corps calleux dans le cerveau humain. Arch. für Psychiatrie, Berlin, 1868. T. I, p. 228.

(2) Reil. Absence du corps calleux. Arch. für Psychiatrie. T. IX, p. 341.

(3) Longet. Anat. et physiol. du système nerveux de l’homme et des animaux vertébrés, 1842, Ÿ vol, T,. I, p. 535.

de Lapeyronie qui supposait que le corps calleux était Le siège de l’âme et croyait l'avoir démontré en le sectionnant ou en le comprimant chez des chiens (1).

Longet disait nettement :

« Le corps calleux peut manquer dans l’espèce humaine sans qu’il en résulte aucun préjudice pour l'entretien de la vie.»

Paget et Mitchell Henry (2) ont décrit chacun un cas où le corps calleux n’était représenté que par une mince couche fibreuse ; cependant les seuls phénomènes fonctionnels consistaient dans un peu de lenteur et de stupidité.

Longdon Down (3) à cité un cas dans lequel l'individu jouissait de l'intégrité de son intelligence.

L’anomalie la plus curieuse est, sans aucun doute, celle observée par le professeur Malinverdi (4).

Elle portait sur le cerveau d'un homme qui avait paru jouir pendant sa vie de l'intégralité de ses facultés intellectuelles. Le corps calleux n'existait pas et les hémisphères étaient écartés l’un de l’autre. Malinverdi regardait ce cas comme un exemple d’un arrêt de développement correspondant à l'état de l’encéphale au quatrième mois dela vie utérine, et il comparait cette anomalie à la disposition normale du cerveau chez les ovipares.

Chez une fillette née dans des conditions normales, morte à 7 ans et demi d’une méningite, et qui avait conservé son intelligence jusqu’à sa mort, Ladislas Pollak (5) fut surpris de

(1) Lapeyronie. Observations par lesquelles on cherche à découvrir la partie du cerveau où l'âme exerce ses fonctions. Mémoire de l’Acad. des sciences, 1751.

(2) Paget et Mitchell (Henry). Absence de corps calleux. Med. chir. Transactions. Vol. XXIV et XXX.

(3) London Down. Absence du corps calleux. l'ransactions of the med. chirurgical Society.

(4) Malinverdi S. Germano. Cervello di uomo maneante del corpo calioso, del setto lucido, et dellagranda circonvoluzione cerebrale colla integrita dei funzioni intelleciuali, Turin, 1874.

(5) Ladislas Pollak. Manque partiel du corps calleux, Archives für Psychiatrie und Nervenk., XII.

trouver à l’autopsie un corps calleux vermiforme et ratatiné.

Plus récemment, Knox (1) à rapporté 15 nouveaux cas de suppression du corps calleux.

Dans ces conditions, il faut bien le reconnaître, l’indépendance absolue des hémisphères semble bien près d’être réalisée.

Cependant, comme il ne s’agit là que de faits exceptionnels, nous ne sommes disposé à leur attribuer qu’une signification relative.

Nous n'insisterons donc pas, malgré l'intérêt qu’ils présentent.

L'étude du système vasculaire cérébral normal nous apporte des preuves beaucoup plus concluantes.

Ce que nous en savons est dù à des travaux récents de MM. Duret (2) et Heubner (3).

L'expérience suivante, due à M. Duret, prouve qu'il existe une indépendance presque complète entre la circulation de la région corticale de chaque hémisphère. |

Si, après avoir posé une ligature des deux côtés sur les trois artères des hémisphères, à leur sortie du cercle de M. Willis, on pousse dans une des sylviennes une solution de gélatine colorée au carmin, on la voit pénétrer peu à peu dans les artères cérébrale antérieure et cérébrale postérieure du même côté. Cette pénétration des artères voisines se fait de la périphérie vers le centre, c’est-à-dire des branches les plus petites vers les plus grosses.

Jamais l'artère cérébrale antérieure ni la sylvienne du côté opposé ne s’injectent; mais il arrive souvent que la cérébrale postérieure se colore imcomplètement à sa périphérie.

Ces faits démontrent : |

(1) Knox. Absence de corps calleux. Glasgow med, Journ., avril 1871 et The London Medical Record, 1875, n° 125, (2) Duret. Recherches anatomiques sur la circulation de l’encéphale. Archives de physiol. norm. et path., 1874, p. 319.

(3) Heubner. Die luetische Erkrankung die Hirnarterien, Leipsig,

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