‹ De L'Indépendance Fonctionnelle Des Deux Hémisphères CérébrauxChapitre 9 sur 32 · VAR · texte numérisé non relu

VAR

« 1° Qu'il existe des anastomoses entre les artères cérébrale antérieure, cérébrale moyenne et cérébrale postérieure, d'un même côté;

« 2° Que ces anastomoses se font surtout à la périphérie, sur les confins de leurs territoires de distribution respectifs ;

« 3° Que les deux cérébrales postérieures ont quelques communications entre elles sur la ligne médiane, tandis que les sylviennes et les cérébrales antérieures des deux côtés n'ont de rapports entre elles que par la communicante antérieure. »

« 4 Ils démontrent, en outre, que ces anastomoses ne doivent pas être très importantes, car la pénétration se fait assez lentement dans la majorité des cas. »

" En résumé, les recherches de Duret ont prouvé que non seulement chaque hémisphère est indépendant de l'autre au point de vue du système artériel cortical, mais encore que les divisions de ce système ne communiquant que par des capillaires très fins, l'indépendance des diverses régions corticales se trouve à peu près établie.

M. le professeur Charcot (1), en 1875, faisait ressortir dans une de ses remarquables leçons sur les localisations dans les maladies du cerveau, l'indépendance absolue du système artériel de la région corticale et celui de la région centrale (corps opto-striés).

« Ces deux systèmes, disait-il, bien qu'ils aient une origine commune, sont tout à fait indépendants l’un de l’autre, et à la périphérie de leurs domaines ils ne communiquent en aucun point. »

Et il confirmait aussi l’opinion de Duret relative au système cortical, car, selon lui : « Chacune des artères de ce système règne pour ainsi dire sur un domaine particulier. »

Heubner, dont les travaux sur le même sujet s'accomplissaient en Allemagne simultanément avec ceux de Duret, pensait, au contraire, qu'il existe des anastomoses entre les artères corticales d’un même lobe.

(1) Charcot. Leçons sur la localisation dans les maladies du cerveau, 1876. Fasc. I, p. 43 et suiv.

Jusqu'ici, rien n’est venu confirmer sa manière de voir, et il n’en reste pas moins acquis que l’indépendance des deux hémisphères est absolue au point de vue de leur circulation intime.

Un autre auteur dont la compétence est si grande pour tout ce qui touche le cerveau, Luys, pense que chacun des systèmes artériels, présidant à la nutrition de certains départements isolés, soit de l'écorce, soit des régions centrales, chaque petit territoire de substance nerveuse a, en quelque sorte, son autonomie propre et sa vie nutritive isolément réglée.

Il n’hésite pas à en conclure que la réalité de la doctrine des localisations cérébrales et de l'indépendance fonctionnelle des différentes régions du cerveau découle, en quelque sorte, de l'examen anatomique du système nerveux de cet organe.

Les faits cités jusqu’à présent sont tous empruntés au domaine de l’anatomie. Ils nous permettent largement d'affirmer qu'il existe, au point de vue morphologique une dissemblance constante, au point de vue anthrométrique une inégalité évidente, au point de vue densimétrique une différenciation légère entre les deux hémisphères cérébraux.

Ils prouvent, tout au moins, l'inégalité fonctionnelle. Mais, dans l’ordre anatomique, ils ne sont pas les seuls, d’autres plus significatifs viennent s’y joindre :

Telles sont les anomalies dans la constitution du corps calleux; anomalies coïncidant avec l'intégrité des fonctions générales.

Elles ont une grande valeur, car, comme le dit un éminent physicien anglais, M. Crookes :

« Les anomalies peuvent être regardées comme les poteaux indicateurs sur la route des recherches, elles nous montrent les chemins qui mènent à des découvertes nouvelles. »

La preuve la plus concluante se trouve, selon nous, dans la démonstration de l'indépendance des divisions du système artériel cérébral.

Toutefois, hâtons-nous de le dire, ces faits ne constituent

(4) Luys. Traité des maladies mentales, 1881, p. 94-95,

pas encore en faveur de l'indépendance fonctionnelle des hémisphères cérébraux des preuves irréfragables.

Nous les considérons simplement comme une base solide qui nous permettra d'établir sûrement, dans les chapitres qui vont suivre, les autres preuves, de plus en plus Convaincantes, de la théorie que nous soutenons.

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