‹ De L'Industrie Chimique PharmaceutiqueChapitre 113 sur 113 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

À la fin du xrx® siècle, trois pays se partageaient la

fourniture des médicaments pour le monde entier * l'Allemagne, la France et l’Angleterre, par ordre d’im-

portance.

Depuis, trois compétiteurs nouveaux sont venus, la Suisse, les Etats-Unis et l'Italie, le deuxième s'étant fortement outillé et développé pendant la guerre.

Notre place est la seconde en chimie organique, la première en spécialités, mais reste la seconde dans l’ensemble.

Nous devons conserver notre avance dans la branche spécialités et nous rapprocher le plus possible de nos concurrents pour les médicaments synthétiques, sinon les dépasser. Malgré l’avance considérable qu'ils ont acquise sur nous grâce à une méthode que certains ont critiquée mais qu'il faut leur reconnaître, nous ne devons pas désespérer. En pharmacie comme en toutes choses, il y à un moment de vogue pourles médicaments, puis la plupart tombent dans l'oubli, remplacés par de plus nouveaux. Le passé ne nous appartient plus, mais nous avons l'avenir et notre génie inventif peut nous permettre d’espérer reprendre la première place que nous avions il y a un siècle.

La guerre nous a fait sortir de notre torpeur et nous a permis de mesurer l'effort dont nous étions capables. De nombreuses usines créées pour la Défense Nationale, se prêteront admirablement pour une transformation en fabriques de produits chimiques.

Les grandes firmes françaises ont augmenté leurs capitaux, leur outillage, leur production. De nouvelles sociétés se sont créées dont l’une, la Compagnie Nationale des Matières Colorantes devra être le pivot de l’industrie pharmaceutique puisqu'elle lui fournira les matières premières organiques. |

Les énergies individuelles se groupent en associations puissantes sous la direction de nos plus grands savants et de nos meilleurs industriels. Tous les groupements professionnels, pharmaceutiques et médicaux

s’agitent et travaillent au relèvement de notre industrie des médicaments. Un désir ardent de création anime tous les chimistes stimulés par le devoir patriotique.

Un esprit nouveau est né dans le monde de la chimie, la branche pharmaceutique doit s’en inspirer.

Une évolution économique profonde est.en train de modifier considérablement notre existence.

Notre idéalisme est débordé par le réalisme de nos concurrents et de nos ennemis ; la guerre nous a obligés, sous peine de disparaître, à devenir aussi plus réalistes, à nous organiser, à nous américaniser.

Nos maîtres et nos industriels doivent entrer résolument dans le mouvement, les premiers, être autorisés à prendre une part active à la lutte industrielle, les seconds, s'assurer leur collaboration judicieusement rétribuée et adopter les méthodes scientifiques qui ont fait leurs preuves dans la création des usines métallurgiques Renault et Citroen, nées d'hier et merveilles d'organisation et de rendement.

C’est la preuve de ce que peuvent rendre l'énergie soutenue et une conception large au service d’un esprit organisateur.

Nous ne manquons pas, en pharmacie, d'hommes aux idées novatrices. Le pharmacien, souvent fils de ses œuvres, est travailleur et persévérant. Que nos maîtres puissent lui ouvrir la voie de l’industrie par des leçons et un apprentissage technique appropriés, et il saura tenir largement sa place dans la production nationale.

Il le faut.

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