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LA PHARMACIE ACTUELLE

Le développement considérable de la chimie organique poussé au plus haut point en Allemagne a fait sentir son influence dans toutes les branches de la vie économique ; la pharmacie ne pouvait y échapper, aussi voyons-nous la thérapeutique moderne encombrée de médicaments organiques de toute espèce. Nous sommes

loin de la thérapeutique en vingt médicaments de Huchard!

A la suite de patientes et méthodiques recherches sur les lois qui régissent les rapports entre la constitution chimique des corps et leurs propriétés physiologiques, les chimistes sont arrivés à cette conception : suppléer la nature. Nos connaissances dans ce domaine s’étendent et se précisent chaque jour, grâce aux travaux de Loew- Mayer et d’Overton.

Elles conduisirent Fourneau à la création de la stovaine, anesthésique local analogue à la cocaïne, mais moins toxique. On avait en effet reconnu dans la molécule de la cocaïne une fonction amine tertiaire et un groupement éther-benzoïque, auxquels on attribuait l’action anesthésiante. Fourneau parvint à constituer synthétiquement, sur ces hypothèses, un produit possédant une fonction amine tertiaire et un groupement éther benzoïque ; le résultat fut concluant, l’expérience confirmait la théorie.

Il en fut de même pour la théorie sur les hypnotiques qui conduisit les chimistes allemands à la création des sulfonal, trional, tétronal et dans une autre série du véronal.

Les chimistes ont porté leurs efforts sur les narcotiques, les anesthésiques, les antipyrétiques, les vasoconstricteurs, les antiseptiques généraux, les antisyphilitiques.

C’est l’ère des médicaments nouveaux.

Nous allons essayer d’en passer une revue rapide en les classant selon leurs propriétés thérapeutiques,

SAR es

méthode adoptée par Valeur (‘). On peut trouver la liste alphabétique plus complète dans le formulaire de Bardet ou dans la thèse du docteur Edmond Chauvin (?).

Nous ne retiendrons que ceux qui sont d'usage courant et qui se sont imposés par une efficacité réelle renvoyant aux ouvrages spéciaux pour formules et constitutions chimiques, ne nous arrêtant ici qu'aux points de vue historique et industriel.

ANALGESIQUES ET ANTIPYRETIQUES

Antifébrine ou acétanilide. — Surtout employée en médecine vétérinaire.

Antipyrine. — Découverte par Knorr en 1883, possédant une action analogue à celle de la quinine, mais inefficace dans le paludisme. Fabriquée longtemps exclusivement par Meister Lucius und Bruning, en Allemagne, puis ensuite par Riedel et la Baloise, en Suisse, et maintenant par les Usines du Rhône, en France.

Vendue sous cachet Knorr, sous le nom d’Antipyrine au prix moyen de 100 francs et sous les noms d’Analgésine (dénomination du Codex) Diméthyloxyquinizine ou Diméthylphénylpyrazolone, au cours de 20 à 23 francs le kilo.

Arisiochine (éther carbonique neutre de la quinine), — Introduite comme succédané de la quinine par Zimmer, fabricant important de sels de quinine en Allemagne.

Aspirine. — Découverte en France par Beauchamp, elle fut présentée par lui sous le nom d’acide acétylsalicylique et resta inutilisée à l’origine. Introduite en thérapeutique par Bayer, il y a une dizaine d'années sous le nom d’aspirine, elle jouit d'une vogue considérable et son étoile a fait pâlir celle de l’antipyrine.

Vendue 125 francs le kilo à ses débuts sous cachet Bayer, elle était tombée avant la guerre à 6 francs par suite de la concurrence des fabricants suisses et des Usines du Rhône. :

(4) Vazeur. Rapport sur l'Industrie pharmaceutique. Exposition de Turin, 4941, , classe 121, groupe XVII B. à

(2) Docteur Edmond Cxauvin. La France doit préparer elle-même les produits pharmaceutiques qui lui sont nécessaires (pages 12 à 19). Pey, imprimeur à Lyon

L’Aspirine s'emploie comme analgésique et beaucoup comme antirhumatismal à la place du salicylate de soude. Celui-ci, à haute dose, provoque des phénomènes gastriques désagréables, tandis qu'ils sont évités avec l’aspirine dans laquelle la fonction phénolique est bloquée

Citrophène (citrate de paraphénétidine). — Fabriqué par Roos.

Euquinine boite de quinine). — Fabriqué

en Allemagne par Zimmer comme succédané de la quinine, et en France par Pointet et Girard.

Exalgine ou méthylacétanilide. — Découverte par notre compatriote Brigonnet.

Phénacétine ou paraacetphénétidine. — Fabriquée par Bayer en Suisse.

Pyramidon ou amidopyrine. — Découvert chez

Meister Lucius und Bruning ; longtemps fabriqué par cette firme et vendu par elle en France sous le nom de Pyramidon Creil de 225 à 250 francs le kilo. Le produit dit « façon » fabriqué ultérieurement en Suisse ou en France par les Usines du Rhône, était vendu ;de 30 à 40 francs avant guerre.

ANESTHESIQUES LOCAUX

Cocaïne. — Découverte en 1860 par Neumann.dans les feuilles de coca, dont les propriétés physiologiques ont été reconnues par Koller et les propriétés chimiques par Merling et Willstetter ; elle est constituée par l’éther méthylé et benzoylé de l’ecgonine. On en fabrique du reste synthétiquement en partant de l’ecgonine qui . préexiste dans les feuilles en même temps que la cocaïne.

Une grosse partie de notre consommation provenait d'Allemagne, des maisons Merck, Boheringer et Knoll.

En France, Roques la fabrique à Saint-Ouen depuis une dizaine d'années et sa marque a remplacé en partie les précédentes. Pointet et Girard en ont aussi commencé la fabrication.

Novocaine. — Créée dans les laboratoires de Meister Lucius und Bruning et introduite en France sous cachet Creil comme succédané de la cocaïne. Additionnée d’adrénaline, selon la formule de Reclus, elle est très employée en art dentaire.

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Fabriquée depuis la guerre par Lumière (Allocaïne) et par Byla (Syncaïne).

Orthoformes. — Découverts par Einhornh et Heïintz, fabriqués par Meister Lucius und Bruning, vendus en France sous cachet Creil.

Stovaine. — Créée par Fourneau et fabriquée par les Etablissements Poulenc.

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