‹ De l'industrie françoise (volume 2)Chapitre 107 sur 238 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

coton forment un des plus grands objets de notre commerce.

Cette question, long-temps débattue, me paroît oiseuse , dans un moment où ce genre d’industrie est généralement établi et consolidé. Ne plus protéger cette fabrication , ce seroit rompre des habitudes , contrarier le consommateur dans ses goûts , compromettre la fortune de nombreux manufacturiers, anéantir des capitaux immenses qui consistent en bâtimens, usines et métiers, condamner à la misère un demi-million de François qui vivent par la filature, le tissage, la teinture, l’impression, la gravure des planches, l’apprêt des tissus, la vente des produits^ etc.

Ainsi, dans l’état où se trouvent ces fabriques , il s’agit moins de savoir ce qu’on eût dû faire lorsqu’on les a introduites , que ce qu’on doit faire aujourd’hui ; je crois que le gouvernement doit les protéger et les encouragera l’égal de tous les autres genres d’industrie.

L’entrée des cotons doit donc être libre et dégagée de tout droit ; l’exportation des tissus doit être favorisée, et le gouvernement doit employer tout son crédit pour les faire

aïo iie l industrie; Françoise.

admettre dans la consommation chez toutes les nations avec lesquelles il a des relations.

Si, dans les circonstances pénibles où s’est trouvé le gouvernement, il a cru devoir s’écarter des vrais principes , et imposer les cotons à l’entrée, il a senti, en même temps , qu’il devoit restituer les droits à l’exportation des tissus pour leur conserver la concurrence avec les produits de l’industrie étrangère. Mais la restitution des droits à la frontière doit s’opérer , sans d’autres formalités que celles de reconnoître la nature du tissu pour juger de la qualité du coton , et vérifier l’aunage port^sur la facture : l’expérience a prouvé qu’en hérissant de formalités ce remboursement, on pouvoit le rendre illusoire.

Dans la vue d’encourager les productions de notre sol, bien des personnes s’imaginent qu’il faut imposer celles des pays étrangers ; mais , outre qu’un pareil système seroit nuisible aux fabriques, il tariroit à sa source le plus précieux de nos échanges , celui qu’on doit surtout rechercher, parce que la main d’œuvre qu’on applique au travail des matières premières tirées du

Page 1