‹ De l'industrie françoise (volume 2)Chapitre 106 sur 238 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

à faciliter les approvisionnemens, à garantir la propriété , à ouvrir des débouchés aux produits fabriqués , et à laisser la plus grande liberté à l’industrie. On peut se reposer sur le fabricant du soin de tout le reste (1).

Parmi les matières qui forment les approvisionnemens de l’industrie , il en est qui nous sont apportées du dehors , et d’autres , en plus grand nombre, qui sont fournies par notre sol.

Les cotons figurent au premier rang, parmi les matières qu’on importe : l’industrie s’exerce sur eux d’une manière si générale et si étendue, que cette fabrication est devenue, en peu de temps , une des branches principales de notre commerce.

Une question qui paroît au premier coup d’œil d’une grande importance, divise encore les opinions : il s’agit de savoir si les grands développemens qu’on a donnés à la cotonnerie sont utiles ou nuisibles aux vrais intérêts de la France.

(1) Presque tous les chapitres de cet ouvrage servent de développement à ces principes généraux que nous ne faisons que consacrer et réunir ici.

2ûS DE L’iNDUSTRIE FRANÇOISE.

Ceux qui prétendent qu’ils sont nuisibles, s’appuient sur des faits qu’on ne peut pas révoquer en doute : ils observent que les tissus de coton remplacent ou partagent aujourd’hui, dans la consommation , les tissus de soie , de lin, de laine et de chanvre qui sont des productions de notre sol, et que, par conséquent, ils nuisent à la prospérité de notre agriculture ; ils ajoutent que les nombreuses fabriques de coton ont fait refluer dans les villes une grande partie de la population des campagnes qui y étoit occupée, au moins pendant l’hiver, à filer la laine , le lin et le chanvre , et à les convertir en étoffes; enfin, disent- ils, une guerre maritime peut tarir ou rendre, au moins , l’approvisionnement du coton difficile, et compromettre par là l’existence de nombreux habitans, et, par suite, le repos public.

Les partisans des manufactures de coton répondent que les bras ne manquent ni aux travaux de la campagne ni à l’exploitation des branches d’industrie dont notre sol fournit la matière première ; que les fabriques de coton ont augmenté la masse du travail , et que nos approvisionnemens en

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