‹ De l'industrie françoise (volume 2)Chapitre 127 sur 238 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

non jamais , ce grand homme n’a pensé que l’empire des règlemens dût être durable, et j’en appelle à sa fameuse instruction du mois d’août 1669 (article a4)> où il recommande aux inspecteurs de ne point avoir égard au nombre de fils prescrits par les règlemens , à cause , dit - il , que les laines et leur filage n étant pas égaux en tous lieux , le nombre des fils et portée, augmente ou diminue selon la finesse et la grosseur de la laine et de son fil ; et il suffit d'avoir spécifié la largeur uniformément pour toutes les étoffes de même nom et qualité. C’est donc à tort qu’on a entaché la mémoire de Colbert de tout l’odieux des règlemens ; ce qu’il a fait à ce sujet peut être légitimé par les circonstances ; mais ce qu’ont fait ses successeurs porte le cachet d’une ignorance impardonnable.

Pour bien faire counoître les inconvéniens qui sont une suite naturelle des règlemens de fabrication, il suffit de jeter un coup d’oeil rapide sur ceux qui ont été prescrits pendant un siècle : on verra constamment l’industrie manufacturière , luttant contre ses entraves, sollicitant chaque jour des modifications aux règlemens pour pou-

25o DE l’industrie FRANÇOISE, voir imiter les produits de l’industrie étrangère , perdant ses débouchés au dehors par l’impossibilité de varier sa fabrication , et de l’assortir au goût du consommateur; on verra le gouvernement occupé sans relâche à ramener l’industrie à l’exécution littérale des procédés prescrits, à étouffer, dès son origine , toute pensée d’amélioration , et à remplir les ateliers de commis , d’inspecteurs , de marqueurs , comme pour en faire émigrer la bonne foi , l’émulation et le génie.

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