‹ De l'industrie françoise (volume 2)Chapitre 130 sur 238 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

à Sedan : des réclamations générales firent rendre celui du 10. janvier 1744? qui modifie les largeurs des draps de la seconde qualité.

L’arrêt du a5 juillet 1725'avoit défendu aux fabricans de Rouen de réqnir dans la même main la fabrication des draps fins et celle des draps communs; les plaintes du commerce obtinrent la révocation de l’arrêt, mais ce 11e fut que le 18 avril 17 58.

En 1779, l’industrie se crut enfin affranchie de ses règlemens ; on l’autorisa à fabriquer librement , sous la condition de distinguer, par une marque, les produits libres de ceux qui étoient faits d’après les règlemens; mais cette liberté ne fut pas de longue durée, les préjugés et les habitudes prévalurent sur l’exemple que nous donnoient nos voisins, et des lettres-patentes de 1780 et 1781 replongèretit l’industrie manufacturière dans le chaos du régime réglementaire.

Si nous suivions la marche de l’industrie chez les divers peuples, nous verrions que la manie des règlemens a été générale : partout elle s’est emparée des arts à leur berceau, et les a constamment retenus captifs

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sur la ligne qu’elle leur traçoit; mais nous verrions aussi que les arts n’ont prospéré que là où ils ont pu se dégager de cette honteuse servitude, et éclairer leur noble carrière par les lumières de leur siècle.

L’Angleterre, qui peut nous servir d’exemple, parce que , la première, elle est arrivée de nos jours à un grand degré de perfection dans les arts, a eu aussi ses règlemens de fabrication : les lois réglementaires d’Édouard IY, de Richard III , de Henri YI1 et de Henri VIII, étoient presque aussi rigoureuses que les nôtres , et , sous leur influence , l’industrie a fait peu de progrès ; mais la révolution qui s’opéra dans le dix -septième siècle, fit tomber en désuétude tous ces règlemens : elle rendit à l’industrie et au commerce la liberté dont iis avoient besoin, et c’est de cette époque que datent leurs développemens. La prospérité de ce royaume s’est successivement accrue par l’étendue de ses possessions lointaines , par l’utile application des découvertes et des lumières du siècle , et surtout parce que le gouvernement a senti de bonne heure que le commerce et l’industrie étoient les deux bases fondamentales de sa puissance, et qu’il les a encou-

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