‹ De l'industrie françoise (volume 2)Chapitre 136 sur 238 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

le poids de quatre onces pour les bas d’hommes, et celui de deux onces et demie pour les bas de femmes ; il autorise à fabriquer des bas pour l’étranger, de moindre poids et de moins de huit brins; il permet à la ville de Lyon de fabriquer des bas noirs avec la soie teinte , et maintient la prohibition pour les autres villes de fabrique.

L’arrêt du 6 mars 1719, porte que les bas de filoselle et de fleuret pèseront cinq.onces , et ceux pour femmes , trois onces.

L’arrêt du 22 novembre 1720, autorise à fabriquer des bas à deux fils, pour l’Italie, l’Espagne et autres pays du midi.

L’arrêt du 28 août 1721 , étend le privilège ci-dessus aux fabriques de Toulouse , Carcassonne et autres lieux.

On peut pardonner à Colbert, qui venoit d’enrichir la France du métier à bas et d’assurer une bonne et économique fabrication, d’avoir craint que les bons procédés ne s’altérassent dans les mains des nombreux élèves qui, des ateliers d’Hindret, se répandoient dans les provinces : il crut ne pas devoir laisser divaguer une industrie naissante, et il l’assujettit à des règlemens qui n’étoient que l’exécution littérale des pro-

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cédés suivis à la fabrique d’Hindret , mais du moment que l’art fut irrévocablement fixé, ces règlemens dévoient disparoître , et Ton voit avec peine que, cinquante ans après , on cherche encore à diriger cette belle industrie, comme aux jours de son enfance : on désigne les seules villes où l’on puisse exercer cette profession ; on détermine un poids invariable pour chaque paire de bas; on prescrit le nombre de brins qui doivent composer le fil , etc.; on borne par conséquent à une seule sorte, la qualité de bas qu’on peut fabriquer ; on ne laisse à l’artiste, ni le choix de l’emplacement, ni la , possibilité de travailler pour la classe moins fortunée. On veut absolument des bas de quatre onces et des fils de huit brins, et le consommateur remplace successivement les bas de soie ainsi réglementés par des bas de coton ou de lin. C’est ainsi qu’on perd l’industrie nationale et qu’on favorise celle de l’étranger.

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