‹ De l'industrie françoise (volume 2)Chapitre 14 sur 238 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

sable pour la filature fine , et elle est avantageuse pour la grossière. Un établissement fondé sur ce principe avoit été formé à Paris , sous la direction de M. Girard ; mais le gouvernement d’Autriche a enlevé cet habile artiste à la France , et il vient d’établir^ cette industrie en Allemagne près de Vienne ; les produits qu’il avoit obtenus chez nous jouissoient déjà d’un grand crédit dans nos fabriques ; il filoit, à volonté, depuis le plus gros numéro jusqu’au fil de dentelles.

Avant M. Girard , M. Lafontaine avoit établi, à la Flèche , une filature de lin et chanvre, par mécanique; mais il s’est borné constamment à produire le fil nécessaire à la qualité des toiles de Laval. M. Coquerel a ajouté à tout ce qui avoit été fait avant lui, et il a formé des établissemens, en France et en Silésie , qui ont du succès.

Quoique les établissemens de filature par mécanique ne soient pas encore nombreux , il suffit qu’on en ait constaté les résultats pour qu’ils se multiplient ; et je ne doute pas qu’en peu d’années , le travail à la main ne soit avantageusement remplacé par celui des machines.

Le tissage des grosses toiles de chanvre a

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reçu des améliorations sensibles. MM. Queval de Fécamp ont employé le manège pour mettre en mou vement plusieurs métiers destinés à tisser la toile à voile et la toile commune : ces métiers sont disposés de manière que le fil 5e trame reçoit deux ou trois coups de chasse, à volonté, suivant que le tissu doit être plus ou moins serré : au moyen de ces machines on peut tisser, par jour, dix aunes de toiles à voile , tandis que , jpar le procédé ordinaire, un bon ouvrier ne peut en faire que six dans le même temps.

M. de Yiéville a établi , à Reverseaux , dans le département d’Eure-et-Loir , des machines propres à tisser la toile par un simple mouvement de rotation.

On est parvenu à fabriquer des toiles pour draps de lit , de trois aunes et demie de largeur. A Montpellier et à Amiens, on a trouvé le moyen de donner au fil de lin la même solidité de couleurs que celle que prend le coton, ce qui doit augmenter considérablement l’usage des tissus de lin , et faire supprimer, dans les mouchoirs de fil , les bandes de coton rouge ou violet qu’on étoit obligé d’y'faire entrer.

Autrefois la France exportoit en bonne-

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