‹ De l'industrie françoise (volume 2)Chapitre 15 sur 238 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

terie de fil , toileâ de chanvre et de lin , mouchoirs , batistes et linons, dentelles, etc., pour une valeur d’environ 4© millions par année, et elle importait en matière première , chanvre , lin et fil, pour près de 12 millions.

Les préparations qu’on fait subir aux tiges de lin et de chanvre avant d’en extraire le fil , viennent de recevoir de tels perfectionnemens, qu'il doit en résulter un énorme avantage pour l’industrie. Les Anglois avoient construit une machine , à l’aide de laquelle on exécutait , sur la tige de lin ou de chanvre, toutes les opérations qui constituent le rouissage , le teillage et le maillotage : du moment que l’annonce de cette découverte nous est parvenue , M. Christian , directeur du Conservatoire des arts et.métiers*, s’est occupé du même objet, et il est arrivé aux mêmes résultats par les moyens les plus simples : sa mécanique consiste en un cylindre cannelé , dont les cannelures ont quatre lignes de profondeur ; ce cylindre est entouré et couvert de petits cylindres également cannelés, auxquels le grand cylindre communique le mouvement de rotation qui lui est imprimé par une manivelle. Les tiges

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de lin on de chanvre qu’onengage entre les cylindres , sont aplaties et écrasées par les cannelures; l’écorce et le gluten durci qui lie les fibres , se détachent , et il ne reste que les brins qui n’ont besoin que d’ètre peignés pour séparer l’étoupe d’avec le fil.

Pour apprécier tout l’avantage que présente cette machine , il faut savoir qu’elle supplée à trois opérations distinctes : i°. au rouissage qui rendoit l’eau insalubre, et vi« cioit l’air à une assez grande distance ; 2°. au peignage qui consiste à séparer le fil d’avec la tige ligneuse; 3°. au maillotage par lequel on rendoit les filamens de lin et de chanvre plus doux , plus moelleux et plus nets.

Jusque-là les avantages de la machine se borneroient à supprimer des opérations longues et préjudiciables à la santé , et ce seroit déjà beaucoup , sans doute ; mais ils sont bien plus importans encore : le chanvre et le lin travaillés par cette méthode , éprouvent beaucoup moins de déchet et conservent toute leur force.

Cette machine est si simple , que lorsque la concurrence sera établie pour sa fabrication , on pourra se la procurer en fer de fonte pour 2 à 3oo francs.

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