‹ De l'industrie françoise (volume 2)Chapitre 171 sur 238 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

maître , et on créa line administration pour les différens corps, qui furent tous classés et réglementés avec attributions et privilèges: on distingua les villes en villes jurées etvillcs non jurées.

Comme on percevoit une rétribution pour chaque grade, et que les corps étoient également soumis à des redevances , on crut devoir les dédommager en leur accordant la permission de limiter le nombre des maîtres, leur donnant, par ce moyen, le monopole de l’industrie; on les autorisa même à vendre des lettres de maîtrise, sans exiger qu’on justifiât ni d’instruction ni d’apprentissage : Telle est , dit Forbonnais, l'origine de nos maux. C'est ainsi qu'on étoit parvenu à dégoûter tellement la nation du travail , et les étrangers de nos ouvrages, par le haut prix, que nous-mêmes nous nous sommes crus incapables du commerce.

Sous le ministère de Sully on modéra le droit royal , mais on fut très-sévère sur les lettres de maîtrise.

Jusques-là ces édits n’avoient pas reçu une application générale; l’industrie n’étoit pas partout exclusivement exercée par des communautés; mais ledit du mois de mars

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i6j3, assujettit les fabriques au régime réglementaire dans toute l’étendue du royaume; on institua partout des jurandes, et on établit des droits sur toutes les professions.

C’est surtout vers la fin du dix-septième siècle, que la pénurie des finances obligea Louis XIY à se faire des .ressources en multipliant les offices et les corporations à l’infini; il n’y eut pas un seul genre d’industrie pour lequel on ne créât des offices : on couvrit le France de maîtres gardes , de jurés syndics, d essayeurs, d’auneurs, de mesureurs , de jaugeurs, de mouleurs, de contrôleurs, de marqueurs, de déchargeurs , de rouleurs, d’inspecteurs, de commissaires, de vérificateurs, de gardes , etc • Ce fut au point que , depuis 1691 jusqu’en 1709, on créa plus de quarante mille offices qui tous furent vendus au profit du trésor public. Aucune transaction ne pouvoit s’opérer, aucun achat ne pouvoit se conclure , même pour les besoins les plus urgens de la vie, sans appeler le juré qui avoit acheté le privilège exclusif de visiter, d’auner, de mesurer, de peser, etc.

Un grand nombre d’offices fut acquis par les communautés, qu’on autorisa à emprunter pour en payer la finance : Les gages

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