‹ De l'industrie françoise (volume 2)Chapitre 172 sur 238 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

considérables attachés à ces nouvelles charges, dit Voltaire (Siècle de Louis XIV), invitent à les acheter dans des temps difficiles, parce quon ne fait pas attention qu elles seront supprimées dans des temps moins fâcheux .

Le gouvernement, qui s’étoit fait un capital énorme par la vente de ces offices , retiroit encore un revenu considérable de tous les grades conférés dans les corporations, des dignités auxquelles on étoit promu , et des mutations fréquentes qui avoient lieu parmi les titulaires.

Dans des temps de détresse, les offices et les corporations présentoient de grandes ressources au gouvernement : tantôt, il exigeoit un supplément de finances , comme en 1768, et tantôt il accordoit de nouveaux privilèges qu’il faisoit acheter fort cher.

Le but apparent de la conservation des corps de maîtrises étoit, sans doute, déconcentrer l’industrie dans des mains capables de l’exercer; mais le but réel a toujours été de se réserver des ressources pour le trésor. Aussi n’a-t-on jamais vu créer des charges , multiplier les offices , augmenter les corporations qu'à ces époques désastreuses où de

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longues guerres et des dissensions civiles avoient tari toutes les sources de la fortune publique.

En mettant de côté ces derniers abus , qui ne peuvent plusse reproduire d’après nos institutions actuelles , il nous reste à examiner les corporations dans le seul intérêt de l’industrie.

i°. En concentrant l’exercice des arts et métiers dans les mains d’un petit nombre d’ouvriers , assez riches ou assez protégés pour pouvoir acheter le droit de travailler pour leur compte, on a créé le monopole de l’industrie , et ce monopole a produit tous les mauvais effets qui en sont la suite.

Le premier résultat du monopole est, sans doute, de diminuerla concurrence et d’élever, par cela seul , le prix des objets fabriqués : les maîtres réunis en corps avoient toutes sortes de moyens pour fixer un prix à leur travail , et le consommateur étoit forcé de recevoir la loi. Ge vice est inhérent à l’existence des corporations, mais il s’accroît encore par des considérations d’un autre genre. Le maître avoit acheté le droit de travailler pour son compte , et il devoit naturellement chercher à se couvrir des avances qu’il avoit

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