‹ De l'industrie françoise (volume 2)Chapitre 208 sur 238 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

ces vérités, et efle tâche d’y conformer son administration, autant que les circonstances le lui permettent.

Sans doute le gouvernement doit employer des moyens suffisans pour assurer la perception de ses droits, mais le commerce, en les payant, peut exiger à son tour la liberté nécessaire à ses opérations, et la plus grande facilité pour la circulation et la disposition de ses marchandises. Seroit-il donc vrai que leurs intérêts fussent incompatibles, et qu’on ne pût les allier? Je ne le pense pas, et je vais proposer mes vues à ce sujet.

Il est deux sortes de marchandises qu’on peut apporter dans nos ports : les unes prohibées, c’est-à-dire, qui ne peuvent pas, d’après les lois, être admises à la consommation du pays; les autres, dont l’entrée est autorisée, moyennant un droit de douane déterminé. Admettre les premières dans les magasins des particuliers, même avec l’engagement de les exporter, ce seroit s’exposer à des versemens frauduleux , à des remplacemens ou échanges de produits de même nature et non de même prix : quant aux secondes, il n’y a aucun inconvénient n. a 6

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dans l’entrepôt fictif : la douane établit ses droits à l’arrivée, s’en assure le payement par une caution, et elle le perçoit à mesure qu’elles sont vendues pour passer à la consommation.

Le régime des marchandises prohibées doit donc être différentdecelui des marchandises qui ne le sont pas. Mais jusqu’ici on n’est parvenu à éviter les dangers que présente l’emmagasinement des premières , qu’en les mettant sous la clef des douanes, ce qui ne permet presque plus au propriétaire de les visiter quand il veut, de les manipuler, de les assortir, et d’en prévenir la détérioration.

Mais si , dans une ville maritime et à côté de son port, on ménage une enceinte entourée de fossés ou de murs, remplie de magasins comme ceux d’une foire , où personne ne soit admis à habiter, et que les commerçans puissent fréquenter librement; si cette enceinte n’a qu’une porte sur le port, avec un bureau de douanes pour constater l’entrée et la sortie, il me paroît qu’on peut, sans inconvénient, y déposer les marchandises prohibées, et toutes celles qu’on destine à la réexportation.

Cette enceinte seroit ouverte du matin au

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