CHAPITRE I
leurs lumières ; la science et la pratique se sontéclairées réciproquement, et l’on a marché à grands pas vers la perfection.
C’est dans les circonstances les plus difficiles que se sont opérés tous ces changemens; le gouvernement, pressé par le besoin, a successivement tiré plusieurs savans de leur cabinet pour les placer dans les ateliers , et la plupart y ont fait des prodiges en très-peu de temps; je n’en citerai qu’un exemple: en moins de trois mois on étoit parvenu à fabriquer, dans la poudrerie de Grenelle et par des procédés nouveaux, 35 milliers de bonne poudre par jour.
Le mouvement qui fut alors imprimé ne s’est point ralenti : plusieurs des savans qui avoient été lancés, presque malgré eux, dans la carrière de l’industrie, sont restés à la tête de leurs établissemens , et les nombreux élèves que forme la chimie en créent de nouveaux de toutes parts.
C’est donc à la chimie et aux circonstances qui ont élevé les arts au niveau de ses connoissances actuelles, que nous devons rapporter les progrès étonnans qu’a faits l’industrie. Aujourd’hui l’impulsion est donnée, on ne doit plus craindre de voir ralentir la
marche des arts utiles; à peine une découverte est-ellefaite dans un laboratoire, qu’elle passe dans les ateliers.
Après avoir indiqué les causes principales qui ont concouru au progrès des arts depuis trente ans, on ne peut pas passer sous silence les services qui leur ont été rendus par l’École polytechnique et par la Société d’encouragement.
L’École polytechnique, créée au milieu des orages de la révolution , a fourni des hommes supérieurs pour tous les services publics: pendant vingt années consécutives, aucun événement n’a honoré la France sans que quelqu’un des élèves de cette École n’y ait participé : les prodiges de l’arme du génie et de l’artillerie , dans les combats et les sièges; les perfectionnemens apportés dans tous les établissemens militaires et civils ; les routes, les canaux, les ponts sont partout des monumens qui attestent leur génie ; plusieurs d’entre eux dirigent aujourd’hui nos manufactures les plus importantes , et l’Académie royale des Sciences compte , parmi ses membres les plus distingués, des savans sortis de cette École.
La Société d’encouragement , organisée