CHAPITRE XV
tl hui en produits de ses manufactures, et elle se priveroit d’une richesse de main d’oeuvre , qui représente au moins une valeur réelle de six à sept cent millions.
Ainsi , au lieu de nous perdre dans le labyrinthe des abstractions métaphysiques, conservons ce qui est établi , et tâchons de le perfectionner.
Une bonne législation de douanes est la vraie sauvegarde de l’industrie agricole et manufacturière; elle élève ou diminue ses droits aux frontières, selon les circonstances et les besoins; elle compense le désavantage que notre fabrication peut trouver dans le prix comparé de la main d’oeuvre ou du combustible ; elle protège les arts naissans par les prohibitions, pour ne les livrera la concurrence avec les étrangers , que lorsqu’ils ont pu réunir tous les degrés de perfection; elle tend à assurer l’indépendance industrielle de la France, et elle l’enrichit de la main cFoeuvre, qui , comme je l’ai dit plusieurs fois, est la principale source des richesses.
Ceite législation embrasse tous les intérêts d’un» nation : mais comme elle ne peut pas les servir tous également, elle doit se déter-
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4ï8 DE l’industrie FRANÇOISE, miner depréférence pour ceux qui réclament son secours d’une*manière plus spéciale.
Dans cette espèce d’hiérarchie des besoins, l’industrie manufacturière occupe le premier rang: ainsi que l’agriculteur et le commer* çant, le manufacturier a des capitaux dan£ ses entreprises ; mais ces capitaux sont placés à fond perdu , ils ne produisent qu’au tant que sa fabrique prospère ; une mauvaise loi sur les douanes les anéantit dans ses mains, puisque, pour la plupart, ils ne consistent qu’en bâtimens et usines ; cette perte en seroit encore une réelle pour la France , parce quelle diminueroitla production et la main d’œuvre. Le commerçant et l’agriculteur peuvent être contrariés dans leurs opérations, mais leurs capitaux restent; ils peuvent en changer la destination , tandis que tout est perdu pour le manufacturier. Comme l’agriculteur et le commerçant, le manufacturier emploie des bras, mais la main d’œuvre nécessaire à ses opérations est bien plus nombreuse que celle des deux premiers : nous voyons dans plusieurs ateliers une population de cinq cents ouvriers pour obtenir des produits d’un million de valeur, tandis que quelques