‹ De l'industrie françoise (volume 2)Chapitre 23 sur 238 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

a vu ensuite M. Curaudau chercher à propager ce procédé , et y apporter quelques légers changemens pour en faire une opération de ménage.

La fabrication des papiers peints a pris un sigranddéveloppementdepuis vingt-cinq ans , que ses produits servent aujourd’hui à l’ameublement de toutes les classes de la société ; elle s’est enrichie de nouvelles couleurs , et la chimie a trouvé le moyen de donner de la solidité à plusieurs d’entre elles qui n’en avoient aucune. Le vert et le bleu, qui ne résistoient pas long-temps à l’air, peuvent aujourd’hui en recevoir une impression durable sans éprouver de l’altération, et c’est à M. Prieur que nous devons cette découverte. Cette branche d’industrie vient de recevoir encore des améliorations par l’importation du procédé à l’aide duquel on fabrique les feuilles de papier d’une largeur et d’une longueur indéterminées (1).

La chimie avoit fait connoître les principes de la fermentation vineuse; elle avoit

(i)Ce procédé , découvert en France par M. Didot , avoit été porté en Angleterre par son auteur , que des raisons particulières avoient forcé à s’expatrier.

46 DE l’industrie FRANÇOISE,

indiqué les changemens qui s’opèrent par la décomposition des deux substances principales qui constituent le suc du raisin, et avoit déterminé les proportions dans lesquelles elles doivent se trouver pour donner de bons résultats. On savoit aussi que les agens de la fermentation qui se trouvent dans le fruit , varient en proportion , selon les saisons , la température , etc. , et que toutes ces causes influent sur la qualité du vin , en même temps qu’elles servent à expliquer la différence qui se trouve trèssouvent dans les produits annuels d’un même vignoble : il ne s’agissoit plus que de faire l’application de ces principes afin de suppléer, par l’art , à ce qui pouvoit manquer de maturité ou de perfection au moût, pour obtenir une bonne fermentation.

D’un autre côté , la théorie de la fermentation étant bien connue, il devenoit facile de la diriger et de lui faire produire en tout temps les meilleurs résultats possibles.

C’est ce double but que je me suis proposé dans mon Essai sur V Art de faire le vin, où j’ai tâché de porter cette branche précieuse de l’industrie agricole au niveau de nos connoissances actuelles.

Page 1