‹ De l'industrie françoise (volume 2)Chapitre 231 sur 238 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

ne se faisant que par échanges, il cesse d’exister entre deux nations, du momentque l’une d’elles repousse les seuls produits que l’autre peut lui fournir ; mais nous observerons d’abord que les droits peuvent produire le même effet que la prohibition : la Suède a exclu nos vins dès qu’elle a connu l’impôt que nous avons établi sur ses fers.

Dans l’état actuel des sociétés européennes, on ne peut pas toujours se conformer aux principes rigoureux de la saine économie politique : l’industrie a pénétré partout en Europe; toutes les nations ont des manufactures du même genre, la plus grande partie de leurs capitaux a été versée dans les établissemens de fabriques : cependant les avantages ne sont pas les mêmes partout ; les lumières, le climat, la main d’œuvre, le goût, le combustible , les approvisionnemens influent sur la qualité qu le prix des produits, et établissent entre eux une grande différence; les soieries qu’on fabrique à Moscou ne peuvent pas naturellement concourir avec celles d’Italie et de Lyon. Dans cet état des choses l’embarras est extrême ; et quel que soit le parti que prenne un gouvernement, il ne peut obvier à tous les incon-

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véniens : laissera-t-il entrer les produits étrangers , moyennant des droits? Mais ces droits pourront-ils mettre une industrie naissante , imparfaite , mal établie , contrariée par mille obstacles dans sa fabrication , eil état de concourir avec l’industrie étrangère ? Le gouvernement pourroit encore se décider à abandonner un genre d’industrie que repoussent peut-être son intérêt et une position défavorable : mais alors, il sacrifieroit les capitaux et la main d’œuvre qui sont employés dans les établissemens ; et ceci mérite quelques considérations de sa part. Sans doute toutes ces raisons ont été sagement pesées , et néanmoins presque tous les gouvernemens se sont prononcés pour la prohibition , comme étant le seul moyen d’atteindre les marchandises étrangères , non-seulement aux frontières , comme font les droits, mais dans la circulation à l’intérieur.

Nous conviendrons qu’il eût été bien plus sage de borner son ambition à cultiver et à perfectionner le genre d’industrie que la nature avoit départi à chaque nation; mais toutes ont voulu s’approprier tous les genres ; et de là sont sortis ces principes d’un intérêt

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