‹ De l'industrie françoise (volume 2)Chapitre 234 sur 238 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

hitions : et, en le maintenant, quoique la prospérité de ses fabriques ne doive pas lui faire craindre la concurrence , elle a forcé les autres nations à l’imiter. Cette conséquence étoit si naturelle, qu’elle auroit pu être prévue.

Si l’Angleterre changeoit de système , et qu’elle admît , moyennant des droits modérés, les produits fabriqués et les productions territoriales du reste de l’Europe; si elletraitoittoutes les nations à l’égal l’une de l’autre , les relations commerciales ne tarderoient pas à se rétablir, les murs de séparation qui isolent les peuples tomberoient , et le commerce redeviendroit ce qu’il doit être, un échange libre de produits entre les nations.

Lorsque l’Angleterre suivra ces principes, et qu’elle cessera de prohiber .nos dentelles, nos soieries, etc., et d’imposer nos autres produits fabriqués à des droits énormes ; lorsqu’elle admettra nos vins aux mêmes conditions que ceux du Portugal, la France pourra de son côté abandonner le système de prohibition, et l’on ne sentira le besoin de recourir à ce régime, que dans les seuls cas, désormais assez rares, où il s'agit d’établir, de consolider un genre

456 DE LINDUSTRIE FRANÇOISE, d’industrie qui , dans son enfance , ne peut pas encore.lutter contre une industrie étrangère qu’elle cherche à imiter^

3°. La prohibition établit le monopole de V industrie au préjudice du consommateur.

Tl faut distinguer deux époques dans chaque genre d’industrie , celle de l’enfance de l’art et celle de sa maturité: dans la première , l’industrie a besoin d’ëtre encouragée et protégée pour n’être pas étouffée au berceau , par la concurrence de celle qui a l’avantage de l’expérience, de l’ancienneté et des capitaux. Ne pas vouloir lui accorder dans cet état les encouragemens et les garanties qu’elle réclame, c’est consentir à rester éternellement tributaire de l’étranger.

Si le gouvernement n’accordoit pas aune branche importante d’industrie qu’on a le projet d’établir, les avantages nécessaires pour dédommager l’entrepreneur des sacrifices et des pertes qui sont inévitables dans un premier établissement, quel est l’homme prudent qui voudroit engager sa fortune pour des entreprises aussi hasardeuses ?

Dans cette position le gouvernement doit chercher à concilier deux sortes d’intérêts: celui du fabricant, qui ne peut pas risquer

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