‹ De l'industrie françoise (volume 2)Chapitre 235 sur 238 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

ses capitaux sans avoir la garantie que l’industrie dont il veut enrichir son pays ne sera pas sacrifiée à celle de l’étranger ; et celui du consommateur, qu’on ne doit pas mettre à la merci du fabricant, pour le prix d’un objet consacré à ses usages.

Ainsi le gouvernement, qui doit veiller sur tous les intérêts, ne peut pas prohiber un article déjà accrédité dans la consommation pour favoriser de simples projets d’importation ; mais , du moment qu’il est assuré, par la comparaison des produits, que ce nouveau genre d’industrie peut prospérer , il doit élever graduellement le droit à l’importation des produits analogues, afin d’encourager et d’étendre la fabrication , jusqu’à cé qu’elle soit devenue assez importante pour fournir à la consommation ; dans cet état, si les droits ne suffisent pas encore pour établir la concurrence, il doit prohiber l’entrée des produits étrangers.

Cette législation , applicable à tous les genres d’industrie, forme une garantie pour le fabricant qui engage sa fortune'dans une entreprise ; elle excite l’émulation , multiplie les établissemens de même nature , et établit

4 58 PE l’industrie FRANÇOISE, bientôt une concurrence qui est toute à l’avantage du consommateur.

Sans doute, dans les premiers momens, le consommateur pourra être lésé; mais c’est un sacrifice passager qu’il fait à sa patrie, qui s’ouvre une , nouvelle source de richesses : la concurrence qui s’établit dans la fabrication , fait bientôt tomber les prix à ce qu’ils doivent êtré ; nous en avons une preuve toute récente dans les cotonnades, les soudes,, les aluns , la draperie légère, et la plupart des objets de quincaillerie.

4°. La prohibition éteint la concurrence et arrête les progrès de V industrie.

Cela peut être vrai pour quelques établissemens dont les opérations exigent de trèsgrands capitaux , et où , par conséquent , les changemens et les améliorations donnent lieu à des dépenses énormes ; mais dans les fabriques de coton , d’étoffes , de quincaillerie, de produits chimiques, etc. , où la concurrence peut s’établir si aisément, le seul intérêt du manufacturier est de faire mieux que son voisin; il ne peut même conserver un état prospère qu’en ajoutant chaque jour quelque degré de perfectionnement , soit pour dimi-

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