CHAPITRE XVI
nuer ses frais de main d’œuvre , soit pour améliorer la qualité de ses produits. Il arrive même qu’en peu de temps la concurrence devient si considérable, que la fabrication surpasse les besoins et qu’on est forcé de la ralentir ou de fermer quelques ateliers; c’est ce que nous avons vu déjà pour la filature du coton, les cotonnades, les soudes, les aluns , le sel ammoniac, etc.
Outre ce puissant aiguillon de l’intérêt privé que la concurrence rend encore plus actif, les lumières de la chimie et de la physique, qui éclairent toutes les opérations des arts , présentent chaque jour de nouvelles améliorations, qu’on est forcé d’adopter, pour ne pas rester en arrière, et ne pas compromettre sa fortune et le sort de son industrie, *
Il ne faut donc craindre aujourd’hui, ni un manque de concurrence , ni une suspension des progrès de l’industrie : la concurrence est l’effet inévitable de la liberté des professions; les progrès dérivent naturellement de l’intérêt privé et de l’application des lumières aux arts.
460 DE l’jNDUSTIUE FRANÇOISE.
Conclusion .
Admettre le principe de la prohibition des produits fabriqués , comme base de la législatiôn des douanes, seroit un acte d’hostilité envers des nations qui ne prohibent point.
Adopter ce principe contre les nations qui prohibent, c’est user d’un simple droit de représailles.
Prononcer la prohibition dans les cas très-rares où un objet très-important d’industrie ne peut pas encore soutenir la concurrence par le seul secours des droits, est un devoir du gouvernement, lorsque la nation a un grand intérêt à s’approprier et à consolider ce genre de fabrication.
Si les nations ne s’étoient pas écartées de leur véritable destination , si chacune d’elles s’étoit bornée à fonder sa prospérité sur la portion d’héritage dont la nature l’avoit dotée, le commerce des ééhanges seroit régulier, les diverses productions de l’industrie auroient une patrie comme celles du sol, et les produits de tous les pays seroient répartis naturellement, entre toutes