‹ De l'industrie françoise (volume 2)Chapitre 32 sur 238 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

Les améliorations qu’on a successivement introduites dans les ateliers d’acide sulfurique, ont fait baisser le prix de, ce produit à tel point qu’on a pu l’employer dans un grand nombre d’opérations où son usage étoil inconnu. Ces améliorations sont telles, qu’on retire aujourd’hui, par la combustion de la même quantité de soufre , un tiers d’acide de plus qu’on ne faisoit autrefois. La théorie ingénieuse que MM. Clément et Désormes ont donnée de cette fabrication , n’a pas peu contribué à la perfectionner.

Cette branche d’industrie est aujourd’hui une des plus parfaites que possède la France; on peut même dire qu’elle est arrivée à sa perfection , puisque , d’après l’analyse connue de l’acide qui est obtenu , il est prouvé qu’il n’y a pas un atome de soufre perdu dans l’opération. Les étrangers sont encore loin de pareils résùltats.

L’acide muriatique n’étoit préparé autrefois que dans les laboratoires, et son usage étoit presque nul dans les arts : depuis la découverte de la décomposition du sel marin pour en extraire la soude, on le produit en si grande quantité qu’il est impossible d’en employer la totalité ; et les fabricans de

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soude se sont vus forcés de diriger les vapeurs acides dans des souterrains, ou de les perdre dans des puits profonds , pour ne pas brûler les récoltes, et incommoder les voisins , par ces nuages de vapeurs d’acide muriatique qui s’élèvent de leurs fourneaux.

Comme la décomposition du sel mariii s’opère dans des fours, à réverbère où le courant d’air se mêle avec les vapeurs acides et les emporte au dehors , il étoit difficile de les condenser pour obtenir l’acide muriatique ; mais nos chimistes ont trouvé le moyen de vaincre cette difficulté , et cet acide est aujourd’hui recueilli en si grande quantité, qu’il n’a presque plus de valeur dans le commercé : c’est ce qui fait qu’on peut en multiplier les usages. La plus grande consommation de cet acide a lieu dans les blanchisseries où on l’emploie à former le chlore .avec lequel on blanchit le lin, le chanvre et le coton; c’est encore le trèsbas prix de cet acide qui favorise l’extraction de la gélatine des os dont nous avons déjà parlé.

La fabrication des acides nitrique et nitro- muriatique dont on fait un si grand

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