‹ De l'industrie françoise (volume 2)Chapitre 31 sur 238 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

vases clos, à la chaleur de l’eau bouillante. Les expériencesqui ont été répétées de toutes parts , ne laissent aucun doute sur la bonté de cette méthode.

L’emploi du poil des peaux d’animaux dans la chapelerie présentoit des inconvéniens qu’on n’avoit jamais pu vaincre : ce poil est composé d’un duvet très-fin, de longs brins plus grossiers qui le recouvrent et qui ont une couleur différente presque toujours plus foncée. Ces deux qualités de poil ne prennent point la couleur au même degré et se feutrent inégalement : le plus long donne de la rudesse au maniement du chapeau, et fait saillie hors du .feutre : depuis long-temps les fabricans désiroient pouvoir séparer ces deux sortes de poils; et, dans l’impossibilité où ils étoient d’opérer cette séparation , ils arrachoient le jarre et écorchoient les chapeaux; M. Malatre a trouvé ce moyen : les chapeaux qu’il a présentés à la Société d’encouragement, ont une telle supériorité, qu’on ne peut les comparer aux anciens ni pour la finesse ni pour la couleur. Son procédé, qui paroît simple, portera dans l’art de la chapelerie le plus grand perfectionnement qu’il eût à désirer.

64 I)E l’industrie FRA.NÇOISE.

C’est surtout dans la fabrication des produits employés dans les arts que la chimie a fait les plus grands progrès ; les services qu’elle a rendus à cet égard , sont d’autant plus importans, que ces préparations forment la base de l’industrie manufacturière, et que nous étions tributaires de l’étranger pour le plus grand nombre.

Cette fabrication de produits chimiques est parvenue à un tel degré de perfection , que nous n’avons plus à craindre de concurrence, ni pour le prix ni pour la qualité; et, si quelques-uns éprouvent encore de la défaveur clans le commerce , cela tient à ces différences de localité et de position qui influent si puissamment sur la répartition de l’industrie entre les peuples.

I! y à trente -six ans, on ne connoissoit en France que trois fabriques d’acide sulfurique , l’une à Rouen , l’autre à Javelle , près Paris, et la troisième, que j’avois formée à Montpellier : alors l’usage de cet acide étoit borné ; mais les progrès des arts l’ont si fort étendu , que, depuis cette époque, on a formé des établissemens de toutes parts , et sa fabrication est devenue un genre d’industrie très-important pour la France.

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