CHAPITRE I. 8ï
M. Fabréguettes à Lodève, et on s’en sert dans beaucoup de fabriques.
M. Darcet, qui a rendu de si grands services aux arts, a été encore le premier à introduire en France la fabrication des cymbales et des tam-tam que nous tirions exclusivement de l’Inde et de Constantinople.
L’analyse lui avoit constamment démontré que ces instrumens étoient composés de l’alliage de quatre-vingts parties de cuivre sur vingt d’étain ; mais, en formant cet alliage, il n’obtenoit qu’un produit cassant qui ne présentoit aucun des caractères des cymbales ; il fallut donc chercher par quel moyen on parvenoit à changer le grain , la couleur et l’élasticité de l’alliage: il porta aune chaleur rouge les instrumens de percussion qu’il composoitd’après les proportions indiquées. Dans cet état, il les plongea dans l’eau froide, et réussit à leur donner toutes les qualités désirables. Je ne rapporte ce procédé que parce qu’il présente un fait très - extraordinaire, c’est que la trempe, qui durcit l’acier et le rend plus cassant, produit un effet contraire sur l’alliage du cuivre et de l’étain. Cette découverte doit avoir de nombreuses applications, surtout dans les arts qui
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ont pour objet le travail de ces métaux.
Les cymbales qui coûtoient 5oo francs ne reviennent aujourd’hui qu’à 16 ou 17 fr. ; on fabrique les tam-tam et les cymbales dans les ateliers de l’École royale des Arts et Métiers de Châlons.
M. Darcet a observé que le son de ces instrumens varie selon la chaleur de la trempe , et qu’il est d’autant plus grave qu’ils ont été trempés plus chauds dans de l’eau plus froide.
Après la trempe , on les déroche et on les passe autour pour leur donner le brillant métallique.
La découverte du platine et la connoissance de ses propriétés qui le place au premier rang parmi les métaux , avoient fait concevoir l’espérance d’en tirer un grand parti dans les arts; mais le travail en étoit si difficile, qu’on s’étoit borné à fabriquer quelques vases et outils pour les opérations délicates de la chimie. M. Bréant est parvenu à séparer, à peu de frais , les métaux qui lui sont naturellement alliés, et il l’a purifié à un tel point, qu’il l’a rendu trèsmalléable; dès ce moment, les artistes se sont emparés de ce métal , et en ont fabri-