‹ De l'industrie françoise (volume 2)Chapitre 41 sur 238 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Le fer est livré au commerce dans ces divers états pour y être employé à tous les usages : lorsque le fer est pur et sans alliage de matières étrangères, il est doux , flexible, et ne casse ni à froid ni à chaud : on ne peut l’amener à cet état qu’en opérant d’abord de bonnes fontes , et en le corroyant ensuite avec un soin extrême dans toutes ses parties; sans cela, il ne peut pas servir pour quelques travaux délicats, tels que la cémentation qui produit l’acier. J’ai vu tomber des établissemens dans lesquels on s’obstinoit à cémenter des fers, presque toujours de qualité inégale , quoique provenant de la même forge ; leurs produits se ressentoient de cette inégalité , et le consommateur s’en est dégoûté ; j’ai vu moi - même des barres de fer présenter des qualités trèsdifférentes sur les divers points de leur longueur, de sorte que ces barres produisoient, par la cémentation, des aciers qui, n’étant pas tous de même qualité , ne pouvoient pas donner les mêmes résultats. C’est cette différence dans les qualités de nos fers qui a fait préférer constamment les fers de Suède pour la cémentation ; mais, en donnant plus de soin à chaque opération , en

88 DE l’industrie FRANÇOISE,

corroyant surtout les fers avec plus d’attention et plus long-temps, il est vraisemblable qu’on retireroit de la plupart de nos mines un fer égal à celui de Suède. Ceci me paroi t d’autant plus important, que tous les ouvrages qui se font avec de l’acier cémenté se fabriquent aujourd’hui chez nous.

îfous tirions des pays étrangers , il y a trente ans , presque tous les objets de quincaillerie et de mercerie : notre industrie s’est tellement perfectionnée depuis cette époque, que nous les fabriquons tous dans plusieurs parties de la France, et que, pour la plupart, nous n’avons plus rien à désirer ni sous le rapport de la qualité, ni sous le rapport des prix; il en est même plusieurs que nous pouvons déjà offrir à meilleur marché que nos concurrens.

Parmi les objets de quincaillerie, il en est qui s’appliquent à nos premiers besoins , tels que les faux , les faucilles , les scies, les épingles, les aiguilles, etc. Il y en a d’autres qui sont de première nécessité dans les arts , tels que les limes , les râpes , les cardes, les alênes, les marteaux, les enclumes, etc. Enfin, il en est qu’on peut classer parmi les ouvrages de luxe et qui

Page 1