CHAPITRE I
sentoient moins de difficultés à la filature que ceux du Levant ; mais les quantités qu’on pouvoit en extraire ne s’élevoient pas à plus de 3 à 4 millions de livres, et ne pouvoient pas fournir à tous nos besoins.
D’un autre côté, le gouvernement, qui souvent n’étoit guidé que par de purs intérêts de fiscalité, avoit grevé l’entrée des cotons d’un droit supérieur à celui de l’achat primitif, ce qui encourageoit la contrebande et fermoit les débouchés aux produits fabriqués : le commerce des cotons du Levant avoit pris sa direction parvienne et le Rhin ;on voulut qu’il s’en frayât une par Trieste , et on ferma la porte au coton qui arrivoit par le nord.
Toutes ces contrariétés réunies eussent dû étouffer cette industrie , et l’on ne peut qu’être frappé d’étonnement, lorsqu’au milieu de tous ces obstacles multipliés, on la voit s’établir, s’étendre et se perfectionner; il faut convenir que ce n’est pas là un des moindres prodiges de notre industrie dans ces derniers temps; et cette victoire honore autant le caractère françois que celles qui ont illustré nos armées ; elle le venge de cette réputation de légèreté dont on a essayé de le noircir à diverses époques ; il
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seroit difficile de trouver une nation qui , dans des circonstances aussi pénibles, ait montré plus de constance et plus de zèle pour l’intérêt public.
La filature du coton a commencé par employer les machines les plus parfaites qui fussent connues en Europe; on a importé successivement tous les perfectionnemens qu’on leur donnoit ailleurs; et nos artistes n’ont pas tardé à y apporter des améliorations notables.
Pouchet, de Rouen, a construit un filoir continu à double rang de broches de chaque côté , étagées et distribuées de manière à occuper moins de place que dans les continues ordinaires.
Colla , de Paris , a placé les broches de manière que la transmission du tors se fait à chaque révolution jusqu’aux cylindres de tirage, sans être interrompue par la pression du fil contre le fond du guide, ce qui prévient la rupture du fil et facilite la filature du fin.
De Lafontaine a trouvé une nouvelle méthode d’enter les cylindres de tirage qui donne le moyen de remplacer les collets sans changer les cylindres, et de soustraire