‹ De l'industrie françoise (volume 2)Chapitre 50 sur 238 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

de l’Inde. Cette branche d’industrie avoit tellement prospéré qu’elle livroit au commerce quinze à dix-huit cent mille pièces de nankin par an. lia faculté d’importer les nankins de l’Inde , moyennant un droit d’entrée, a paralysé cette fabrication.

Le chauffage des bains de teinture à la •vapeur, d’après les procédés de M. de Rumford, contribue à la beauté des couleurs, à la propreté des ateliers , et procure de l’économie, surtout dans les grands établissemens, où la même chaudière peut chauffer quinze ou vingt bains de teinture à la fois, comme on le pratique à Jouy.

La fabrication des porcelaines avoit été portée à un tel degré de perfection , qu’il y avoit peu d’améliorations à espérer; mais le haut prix de ces produits n’en formoit qu’un objet de luxe. La réputation de la fabrique de Sèvres s’est maintenue; M. Brongniart lui a acquis un nouveau mérite par la beauté et l’élégance des formes qu’on donne à tous les produits ; il y a même introduit deux nouvelles couleurs qui sont fournies par le chrome et le platine; il a inventé des pyromètres ingénieux pour déterminer et régulariser les degrés de chaleur , et cet art a été

196 DE l’industrie FRANÇOISE, soumis à des principes invariables comme les autres.

La fabrique de MM. Dihl et Guérard s’est montrée la digne émule de celle de Sèvres, et a embrassé la même nature et le même genre d’objets ; mais , à côté de ces établissemens consacrés au luxe , il s’en est formé d’autres qui ont aspiré à mettre la porcelaine à la portée d’un plus grand nombre de consommateurs. L’usage de cette belle poterie est devenue presque général : il n’y a pas long-temps qu’il existoit dans Paris vingtdeux fabriques de ce genre , et soixante dans le royaume. La plupart de ces porcelaines communes , en sortant de chez le fabricant , passent dans de nouveaux ateliers où on les revet de couleurs avant de les livrer au commerce.

Après la porcelaine venoit autrefois la faïence, qui étoit d’un usage général : cette poterie qui n’avoit reçu que de bien légères améliorations depuis que Bernard de Palissy l’avoit fait connoître en France , vers la fin du seizième siècle , a été remplacée par la poterie angloise. Nous n’avons connu, pendant quelques années , que les produits d’une fabrication étrangère; mais nous som-

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