‹ De l'industrie françoise (volume 2)Chapitre 51 sur 238 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

mes parvenus à l’imiter et à fournir à nos nombreux besoins : si la couverte de cette poterie présente encore de l’infériorité en ce qu’elle brunit à la longue, ce n’est pas qu’on ne puisse corriger ce défaut ; mais alors il faut la rendre moins fusible en diminuant la quantité d’oxide de plomb qui entre dans sa composition , et employer plus de chaleur pour la fondre, ce qui exige un plus grand emploi de combustible , et entraîne plus de dépense. C’est ici un avantage de localité que l’abondance et le bas prix du charbon de terre procurent aux fabriques angloises.

On a trouvé le moyen d’imprimer, à peu de frais, sur ces poteries, les dessins les mieux finis, et les tableaux les plus parfaits.

M. Schneider de Sarguemines nous a fait connoître un genre de poterie qui imite le granit , le porphyre , le bronze , etc. , de manière à ce que l’œil et la main ne puissent y trouver aucune différence. On en fait de beaux ornemens de cheminée et des vases très-élégans.

M. Fourmy a introduit dans le commerce une porcelaine commune ; il en revet la surface de couleurs très-variées- dont le

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fond lui est fourni par des produits volcaniques.

Quoique la lithographie ne soit pas une découverte françoise , elle y a reçu de si grands perfectionnemens que nous pourrions presque la revendiquer; nous la plaçons parmi les conquêtes delà chimie, parce qu’il a fallu composer, pour cet art nouveau, une encre et des crayons d’une nature particulière.

La lithographie a été découverte à Munich, il y a vingt ans, par M. Senefelda ; M. André d'Offenbac l’importa en France vers l’année 1802 , il publia plusieurs morceaux d’écriture , de musique , et quelques dessins à la plume assez bien exécutés ; mais, n’ayant pas obtenu les avantages qu’il comptoit retirer de son entreprise , il vendit son brevet d’importation à MM. Choron et Leduc , pour la musique; et à MM. Baltar et Desmarais, pour la gravure. La lithographie fut encore abandonnée peu de temps après. Enfin, M. de Lasteyrie , frappé de l’influence que pouvoit avoir cet art sur l’industrie, établit d’abord une correspondance avec Munich , et se décida bientôt après à aller juger par lui-même de l’état de cet art en Allemagne. En 1812 , il

CÏÎAPrTRF, I.

exécuta son projet ; il pratiqua lui-même toutes les opérations ; il étudja les procédés dans tous leurs détails, et revint à Paris avec les pierres , les crayons , l’encre, les presses , et tout ce qu’il avoit vu servir dans l’exécution. Les événemens politiques ne lui permirent decréerun établissementqu’en 1816. M. Engelman en forma un second quelque temps après.

Les progrès qu’a faits la lithographie à Paris, en peu de temps, ont surpassé ceux qu’elle avoit faits en Allemagne pendant dix-huit ans. La réunion des artistes les plus habiles aux savans les plus distingués a porté l’art à un degré de perfection qui le rend capable des plus beaux résultats; la main de nos plus célèbres dessinateurs s’exerce , chaque jour, sur de nouveaux sujets, et la lithographie les reproduit avec une promptitude et une originalité qu’on ne peut pas obtenir de la gravure sur cuivre. Nous devons attendre des connoissances de M. de Lasteyrie , et de son goût pour les arts , qu’il donnera encore à la lithographie de plus grands développemens et de nouvelles applications.

La fabrication du cristal étoit bien infé-

ÏIO DE l’industrie FRANÇOISE, rieure à celle (les A.nglois, avant que MM. Dartigueset du Fougerais la portassentau point où elle est arrivée dans les établissemens de Yonèche, de Bacara et du Creusot. Nous n’avons plus rien à désirer , ni sous le rapport de la couleur et de la pureté, ni sous celui des formes et de la taille.

La construction de nos fourneaux a été tellement perfectionnée dans quelques- uns de nos ateliers, que les résultats en produits, comparés à la quantité de chaleur qui se dégage d’un poids donné de combustible, ont prouvé qu’il n’y avoit presque plus de chaleur perdue.

On est même parvenu à brûler la fumée qui s’échappe des fourneaux , et à garantir les ouvriers du danger des vapeurs qui sont produites dans quelques opérations : la fonte de plusieurs métaux , tels que le cuivre et le plomb, la dissolution de la plupart par les acides , l’évaporation de quelques sels, altéroient en peu de temps la santé des ouvriers : à l’aide d’un simple fourneau d'appel , dont le tuyau s’ouvre vers le milieu de la grande cheminée de l’atelier où s’exécutent les opérations , M. Darcet a réussi à établir un tirage si rapide , que

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