‹ De l'industrie françoise (volume 2)Chapitre 54 sur 238 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

De V état actuel de V Industrie manufacturière.

L’état des produits de l’industrie manufacturière que je présente ici, a été formé, d’après les renseignemens fournis par les préfets et les chambres de commerce et de manufactures, depuis 1800 jusqu’à i8i3, et vérifié ou contrôlé sur la quantité de matières premières provenant de notre sol, ou importées de l’étranger.

I l4 DE l’industrie FRANÇOISE.

J’ai pris, dans tous les cas, la moyenne des résultats , pour approcher de plus près de la vérité.

Je sais bien que, dans des sujets de cette nature , on ne peut pas se flatter d’obtenir des évaluations très-rigoureuses ; mais , d’après la division actuelle de la France par départemens , et surtout , d’après la direction qu’on a imprimée à l’administration depuis une vingtaine d’années , on peut avoir des résultats très-approximatifs.

A RT ICLE PREMIER.

Des Soieries.

Les fabriques qui emploient la soie pour en former des étoffes , des rubans , des bas, des étoffes mélangées de soie et de coton , des gazes, des crêpes , des tulles, des mouchoirs , etc. , sont réparties sur plusieurs points de la France; et, à l’exception de Lyon dont l’industrie embrasse toutes les parties de la fabrication , chaque pays a son genre particulier.

Nîmes fabrique des taffetas , de la bonneterie de soie , des étoffes mélangées de soie

et coton , des gazes , des crêpes , et quelques tissus unis pour habillement; en 1800 cette! ville occupoit 1,200 métiers et 3,45o ouvriers ; en j 81 2, 4>910 métiers et 13,695 ouvriers.

La fabrique de Tours est la plus ancienne du royaume , elle date de la fin du quinzième siècle. Cette manufacture , qui a été considérable, se borne aujourd’hui à fabriquer des étoffes pour tenture et pour meubles ; ses produits dans d’autres genres sont peu de chose. En 1812 , il y avoit 320 métiers battans , et 960 ouvriers employés.

La manufacture de Ganges et des environs, dans les Cévennes, fabrique une grande quantité de bonneterie justement renommée ; elle s’est ralentie , depuis quelque temps, parla cessation de l’exportation qu’elle faisoit de ses produits pour l’Espagne et ses colonies. En 1812 elle conservoit encore 922 métiers à bas en activité, et tout autant d’ouvriers employés.

Presque toute la rubannerie de soie se fabrique dans le département de la Loire. Le centre de cette fabrication , qui est répandue dans les campagnes, se trouve dans les deux petites villes de Saint-Chamond et de Saint-

Étienne qui donnent leur nom aux rubans. Ce commerce est immense ; et, en 1812 , il y avoit 8,2 1 o métiers battans , et 1 5,453 ouvriers occupés. La ville de Saint-Didier, dans la Haute Loire , travaille pour Saint - Chamond et Saint-Étienne , et emploie 55o métiers et 1200 personnes.

La manufacture d’Avignon fait des taffetas, des satins , des lévantines , etc. ; elle occupe à ces travaux 16 à 1 800 métiers , et cinq à six mille ouvriers.

Nous avons observé que Lyon embrassoit presque tous les genres ; mais c’est surtout par ses étoffes, que cette ville a acquis sa célébrité. Elle réunit dans son sein les artistes les plus distingués , les teinturiers lés plus habiles ; tout y est monté et organisé pour la prospérité de cette belle industrie ; l’Europe ne présente rien qui lui soit comparable , ni pour les moyens d’exécution , ni pour la beauté et la variété des produits. En 1789, cette manufacture occupoit j5oo métiers et 12,700 ouvriers; en 1800, 35oo métiers et 58oo ouvriers; en 1812 , 10,720 métiers et i5,5o6 ouvriers.

En 1786 , époque de la plus grande

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