CHAPITRE II
prospérité de la fabrique de Lyon , le nombre des métiers avoit été porté à plus de 1 5,ooo.
Ce seroit se faire une idée bien imparfaite de la fabrique de Lyon , que de la borner à donner du travail à quelques milliers d’ouvriers qui y conduisent les métiers. Une immense population a des occupations déterminées par les autres genres de travaux nécessaires à la fabrication ; et , sur cent mille babitans , il y en a au moins 80,000 dont l’existence est liée à la prospérité de la manufacture , et qui y concourent tous , depuis le choix et l’achat des soies, jusqu’aux derniers apprêts et à la vente des étoffes.
L’observation que j’applique à la fabrique de Lyon doit être étendue à tous les pays qui sont devenus des centres de fabrication, quelle que soit l’industrie qu’on y pratique.
Paris est aujourd’hui la ville OÙ se réunissent tous les genres de l’industrie manufacturière ; celui des soieries a dû s’y établir de préférence , surtout pour les objets qui intéressent le luxe. J’ai même la conviction qu’en cultivant, à Paris, quel-
ï 1 8 DE l’industrie FRANÇOISE, ques branches de l’industrie , on ne peut qu’en hâter les progrès par cette étendue et cette variété de lumières qui ne se trouvent que dans la capitale.
Nous avons déjà observé que la moyenne de la récolte des cocons , calculée sur le produit de cinq années , étoit de 5,147,609 kilogrammes , qui , à raison de 3 francs le kilogramme, forment pour l’agriculture un produit de i5,441 2?8a7 fr. (1). '
Ces 5,147,609 kilogrammes de cocons, produisent à la filature ,
(1) O11 trouvera peut-être que je donne aux cocons line valeur qui est au-dessous de leur cours actuel ; mais j’observerai que cette valeur est un peu au-dessus du cours ordinaire , et que , dans cette évaluation , comme dans toutes celles que j’ai fixées pouf les produits de l’agriculture et de l’industrie , j’ai dû prendre la moyenne , et 11’établir mes calculs ni sur les prix de quelque localité , ni sur ceux que des causes extraordinaires peuvent produire. C’est en comparant les résultats de plusieurs années , et en appréciant les frais de culture et d’industrie , qu’on peut déterminer avec précision la valeur moyenne et commerciale de tous les produits.
Cette observation doit s’appliquer à toutes les évaluations que nous avons données dans le cours de cet puvrage.