‹ De l'industrie françoise (volume 2)Chapitre 60 sur 238 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

longues soirées d’hiver, et lorsque la rigueur des frimas ne permet plus de travailler la terre, toutes les femmes cardent ou filent la laine , et les hommes tissent l’étoffe. C’est ainsi que se confectionne, avecla plus grande économie, cette immense quantité de tissus grossiers qui servent à l’usage du peuple. La vente de ces étoffes se fait dans les villes du voisinage, où des marchands les achètent pour les expédier dans toute la France et à l’étranger.

Dans le nombre de ces étabîissemens ou l’industrie s’applique à la fabrication de la draperie grossière, il erj est qui travaillent presque exclusivement pour l’habillement des armées ; tels sont ceux de Lodève, dans le département de l’Hérault, ceux de Vire, dans celui du Calvados , etc.

Il s’est établi depuis quelque temps en France un autre genre de manufacture qui acquiert chaque année une nouvelle activité et d’importantes améliorations ; c’est celui de ces tissus fins et brillans, formés avec la laine la plus fine de mérinos , et exécutés avec un goût et un art infinis. On fait des schals, des yoiles, des robes, des gi-

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lets , etc. M. Ternaux l’aîné a beaucoup contribué à perfectionner cette nouvelle branché d’industrie ; c’est surtout à Reims qu’elle s’est établie. En 1812, il y avoit déjà 6265 métiers employés ; on y occupoit 19,965 ouvriers, et on y a fabriqué 926,864 pièces de diverses étoffes de fantaisie.

Paris s’est également emparé de cette fabrication qui y prospère et se perfectionne chaque jour.

Pour connoître toute l’étendue de l’industrie qui a pour objet le travail des laines, il faut d’abord déterminer la quantité et les qualités qu’on en récolte en France , et apprécier celles qu’on importe annuellement comme destinées à concourir à la fabrication des étoffes.

La dépouille de nos mérinos purs nous fournit à peu près 790,175 kilogrammes de laine qui, à raison de 4 fr. le kilogramme, forment un capital de 3,160,700 fr<

Nous possédons environ 3,901,881 kilog. de laine de métis qu’on peut estimer à 3 francs le kilog. d’après la grande variété quelle présente; ce qui fait une valeur

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