‹ De l'industrie françoise (volume 2)Chapitre 83 sur 238 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

dernière sert aux besoins des gens de la campagne et des habitans peu fortunés des villes.

Depuis vingt-cinq ans les fabriques de porcelaine sont multipliées : celle de Dihl et Guerard travaille dans le genre de celle de Sèvres , tandis que les autres fabriquent de la porcelaine blanche, quelquefois ornée de quelques filets d’or.

La porcelaine blanche destinée à recevoir des ornemens, passe dans d’autres ateliers , où on la revet de couleurs avant de la livrer au commerce.

Le bas prix auquel on peut se procurer aujourd’hui la porcelaine, en a étendu l’usage à tel point, que la consommation peut en être évaluée à environ 5, 000, 000 fr.

L’usage de la poterie angloiseest devenu général depuis trente-cinq ans : d’abord tributaires de l’Angleterre pour ce produit de son industrie , nous nous en sommes peu à peu affranchis en l’imitant dans nos ateliers. La légèreté de cette poterie, la solidité de sa couverte, le bas prix auquel on l’a établie, ont fait disparoître la faïence; et la classe moyenne de la société n’en emploie presque pas d’autre : les plus importantes

l68 DE l’industrie FRANÇOISE, fabriques de ce genre se sont formées dans les environs de Paris ; d’après le nombre et les développemens qu’ont pris ces établissemens en France, je puis estimer leurs produits à 5 ou 6,000,000 fr.

La poterie grossière qui fournit aux besoins des neuf dixièmes de la population , est d’une toute autre importance par le nombre de bras qu’elle occupe : on compte près de trois cents ateliers de ce genre; tous les habitans de plusieurs villages et de quelques petites villes , sont employés, sur plusieurs points de la France, à cette fabrication, dont les produits varient selon la nature des terres qu’on travaille, et la couverte dont on les revêt.

D’après les renseignemens que j’ai obtenus sur cette industrie, on peut en porter les produits à environ 1 5, 000, 000 fr.

La fabrication des briques fait encore, pour la France, l’objet d’un commerce assez étendu ; on se feroit une idée très-imparfaite de son importance , si on en bornoit l’usage à la construction des fourneaux ou au carrelage des appartemens : nous avons des départemens entiers dont tous les édifices sont construits avec ces matériaux ; et,

Page 1