ARTICLE XII
De la Chapellerie.
La chapellerie étoit autrefois , pour la France, un objet de commerce très-considérable avec l’étranger; les fabriques du midi, surtout^ celles de Lyon et de Marseille, travailloient beaucoup pour l’Espagne, l’Italie et nos colonies. L’exportation de ce produit a presque cessé entièrement ; mais l’art de la chapellerie s’est établi aujourd’hui sur toutes les parties de la France : l’aisance de l’habitant des campagnes a augmenté la consommation ; on fabrique beaucoup plus de chapeaux fins qu’on ne le faisoit autrefois; les prix ont presque doublé, de sorte qu’on ne doit calculer les produits de cette industrie ni sur la diminution qui s’est opérée dans certains centres de fabrication, ni sur la valeur numérique comparée aux deux époques.
La chapellerie fine emploie les poils de lièvre, de lapin, de castor, d’ours marin, de raton du Mexique , qu’elle mélange avec art : la chapellerie grossière fait, servir à ses usages la laine d’agneau , les poils de veau ,
184 DE l’industrie FRANÇOISE, de chameau , de chevreau , les tontures de drap, etc.
Aujourd’hui , sur un chapeau sortant de chez le fabricant au prix de 1 5 fr. , il y a 8 fr. de matières premières et 5 fr. de main d’oeuvre : le marchand chapelier lui donne la forme convenable, y ajoute la coiffe et la ganse, et lui acquiert une nouvelle valeur de 5 fr.
Dans la chapellerie grossière , le bénéfice du fabricant est de 5 à îo sous par chapeau ; le surplus représente la valeur de la matière première et de la main d’oeuvre.
On fabriquoit autrefois des chapeaux à 12 fr. la douzaine à Saint-Pierre le-Moutiers et ailleurs.
On comptait en France , il y a quelques années, î i5q fabriques de chapellerie, dans lesquelles on occupoit 17,000 ouvriers ; le produit s’élevoit à 19,500,000 fr. Les chapeliers qui approprient les chapeaux à leurs usages, ajoutent un quart à cette somme, ce qui porte le commerce des chapeaux à 24,875,000 fr.