CHAPITRE II. I9I
millions de cuirs tannés qu’on emploie à d’autres usages , tels que la sellerie ,#la fabrication des tuyaux , etc. , la presque totalité du reste est consommée dans la cordonnerie : dans tous les cas, le cuir prend, par la main d’œuvre , une valeur moyenne double du prix primitif.
Ainsi , 71,696,300 fr. de valeur en cuirs tannés , donnent lieu à un commerce de consommation de 143,392,600 fr.
La chamoiserie et la mégisserie préparent les peaux pour les faire servir à d’autres usages ; c’est surtout sur celles de mouton , de veau , de chamois , d’agneau et de chevreau que s’exerce cette industrie.
L’Aveyron , le Vivarais, le Dauphiné possèdent les fabriques les plus importantes dans ce genre : Grenoble travaille en chamoiserie environ deux mille douzaines de peaux de veaux. L’industrie n’ajoute qu’environ deux tiers au prix de la peau brute.
Ce commerce est moins important qu’autrefois ; l’Espagne en achète moins , ces peaux y faisoient le principal vêtement du paysan , mais on les a remplacées par des étoffes ou par le produit des chamoiseries qui s’y sont établies.
On chamoise aussi des peaux de mouton , d’agneau et de chevreau qui servent à faire des gants qui se lavent ; c’est ce qu’on connoît sous les noms de gants remaillés ou castors.
Les peaux d’agneau et de chevreau qu’on emploie à la mégisserie , se tirent de France et d’Italie, principalement des états de Toscane , de Rome et de Naples : on en importe aussi du Piémont , qui sont très-estimées ; mais la sortie en est prohibée , et l’on s’en procure difficilement.
La seule mégisserie de Grenoble travaille 45 à 5o mille douzaines de peaux d’agneaux ou de chevreaux; celle de Milhau, en Rouergue, fait plus que le double; celles du Chaylard et d’Annonay , dans l’Ardèche , jouissent d’une grande réputation surtout pour la blancheur qu’elles donnent aux peaux.
La parcheminerie , la maroquinerie , la chagrinerie, font subir aux peaux des opérations qui , en les appropriant à des usages particuliers , leurs donnent une nouvelle valeur ; et , d’après les états qui nous ont été fournis, on peut porter le produit de tous ces arts réunis à une somme de 12,000,000 francs.