‹ De l'industrie françoise (volume 2)Chapitre 95 sur 238 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Un ouvrier fabrique, en général, deux souliers et un quart de soulier par jour; il existe à Paris 3 1,000 cordonniers inscrits au bureau déplacement, ce qui supposeroit une fabrication de 34,87 5 paires de souliers par jour, et par conséquent une valeur de main d’œuvre, pour les ouvriers, de 69,750 fr., et pareille somme pour les cordonniers entrepreneurs, en payant huit fr. la paire de souliers. Ces valeurs restent les mêmes , soit qu’on travaille des souliers ou des bottes. Mais comme on ne peut pas supposer que les 3 1,000 cordonniers soient tous en activité, par rapport aux maladies, à l’inaction quelquefois forcée, ou aux dérangemens, on peut borner le travail à celui de 25, 000 ouvriers, ce qui réduit la fabrication à 28, 1 25 paires de souliers , la main d’œuvre des ouvriers à 56,25o fr. , et les bénéfices des entrepreneurs à pareille somme.

28,125 paires de souliers, à 8 fr. , font, par jour, un produit de 225,000 fr. ; et, pour 3oo jours de travail, 67,500,000 fr., dont moitié représente la valeur de la matière première, et l’autre moitié celle de la maiu d’œuvre et des bénéfices , y compris les

igo • DE l’industrie FRANÇOISE, locations, l’usé des outils et l’intérêt du capital de la valeur des ustensiles, etc.

Il faut observer que la cordonnerie de Paris ne travaille pas seulement pour la consommation de la capitale , mais qu’elle eiu voie dans les provinces ou à l’étranger un tiers de ses produits.

Il faut encore observer que dans une grande partie des souliers que l’on fait àParis, on emploie des étoffes pour empeignes , ce qui réduit de beaucoup la consommation des cuirs, sans diminuer, dans Ja même proportion, la main d’œuvre et les bénéfices.

En outre , sur les 8,437„5oo paires de souliers qu’on fabrique à Paris , il y en a au moins moitié pour femmes, et dans ces derniers , la consommation du cuir est moindre d’un quart, soit par rapport à leurs plus petites dimensions, soit à cause de l’emploi des étoffes qui remplacent la peau dans un très-grand nombre.

D’après cela on peut réduire à environ huit millions la valeur des peaux employées pour empeignes , et à six millions celle des cuirs qui servent pour semelles.

A l’exception d’uije valeur d’environ six

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