CHAPITRE
pendant mon ministère , a constamment réuni dans son sein les hommes les plus instruits et les artistes les plus habiles; depuis dix-huit ans elle forme , pour ainsi dire, une école d'instruction où tous les artistes viennent avec confiance demander des conseils et faire juger leurs procédés : les prix nombreux qu'elle propose chaque année remplissent peu à peu les lacunes d'imperfection que présente encore l'industrie dans quelques parties , et les travaux de ses comités ont successivement amélioré ou créé plusieurs genres de fabrication.
La suppression des jurandes et maîtrises a encore puissamment contribué à accélérer les progrès des arts : du moment que la liberté a été rendue à l'exercice de toutes les professions , les nombreux concurrens ont senti qu'ils ne pouvoient se distinguer que par un travail plus parfait et plus économique ; l'émulation a été excitée de toutes parts par l'intérêt et l'amour- propre; on a abandonné le chemin tracé par la routine pour parvenir à faire mieux ou au moins à fabriquer à plus bas prix, et partout ces efforts ont été couronnés de succès.
C'est ce concours de circonstances qui a
porté les arts chimiques à un degré de | fectioTi qu'on ne trouve encore cbez aucune autre nation.
Je vais présenter ici le tableau des progrès qu'ont faits les arts chimiques en France depuis trente ans ; et, pour mettre le plus d'ordre qu'il me sera possible dans cette énumération , je les classerai d'après les trois règnes de la nature, qui leur fournissent la matière première sur laquelle ils s'exercent : je terminerai ensuite eu faisant connoître quelques méthodes générales de perfectionnement qui s'appliquent à tous.
i". Il y a trente ans qu'on ne connoissoît pas d'autre procédé pour blanchir les fils et les tissus de chanvre, de coton et de lin, qu'en les exposant alternativement à l'action des lessives alkalines et à celle de l'air et de la rosée dans de vastes prairies. Le célèbre Schéele découvrit l'acide muriatique oxigéné ( chlore), dans son laboratoire d'Upsal, et reconnut à ce nouveau produit la propriété singulière de détruire le principe colorant des substances végétales. Il étoit loin sans doute de prévoir que cette matière puante feroit un jour la matière d'un de nos arts les plus iniportans : c'est ccpen-