‹ De L'industrie francoise (volume 3)Chapitre 195 sur 203 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

coraœerce démoralisateur ; je ne partage pas cette opinion. Un droit de 2oà3o pour cent, qu'on peut parvenir à frustrer, offre déjà un des commerces d'assurance les plus avantageux qu'on puisse entreprendre ;et ou s'y livrera avec d'autant plus d'ardeur, que, du moment que la marchandise a passé la frontière, il n'y a plus de crainte à avoir pour la circulation dans l'intérieur. D'ailleurs , comme la prime de la contrebande varie chaque jour , en raison de la garde plus ou moins sévère, ou de la probité des préposés, il s'ensuit qu'il faudroit aussi élever ou abaisser les droits à tout moment , pour les proportionner à la prime ; ce qui n'est ni exécutable, ni conforme aux intérêts de ceux qui font un commerce légal.

En adoptant même un tarif de droits équivalens à la prime de contrebande , peut-on espérer que ces droits fussent perçus à la rigueur? n'a-t'on pas vu, après le traité de 1786, les droits de i5 pour cent réduits à 5 dans la perception ? Peut-on , de bonne foi, exiger qu'un préposé se connoisse assez en tissus ou étoffes, pour appliquer invariablement le droit juste à chaque nuance , à chaque qualité ?

448 DE L*I!fD05TIlIE FRAÎTOOtSE.

Les riches coaqttètes qu'a faîtes Doirendastrie n'aiiroieQt jamais en lieu, si s'étoît borné à établir des droits sur 1' portation des produits analogues; la prol bîlioo seule les a garanties et consolidéei.

en inspirant au fabricant de la coa&incf pour ses entreprises et l'assurance d'au Tente avantageuse de ses produits; elleTi déterminé à employer son crédit, ses lumières et ses capitaux pour former ses éublisseraens; elle lui adonné le temps de perfectionner, de former des ouvriers, d'acquérir de l'expérience, d'accréditer ses produiw dans la consommation , et de se prepjrer à lutter un jour contre l'industrie étrangère.

Dailleurs, que feroieut des droits, quel; qu'ils soient, contre les sacrifices que pen- Tent consommer des gouvernemeus étrangers, jaloux de conserver ou d'ouvrir de* débouchés aux produits de leurs manufactures , intéressés à étouffer, partout aitlei l'industrie dans son berceau ?

a*. La prohibition isole les nations elles relations commerciales.

Cette raison est sans contredît la plus solide de toutes celles qu'on oppose au régine probibitif : il est très-vrai que le commeree

Page 1