CHAPITRE XVI
Des Prohibitions.
Je ne me dissimule point que la doctrine que je professe dans ce Chapitre , trouvera des contradicteurs parmi les partisans de la libre circulation de tous les objets de commerce , moyennant des droits modérés de douanes : cependant, comme il me paroit prouvé que les belles conquêtes qu'a faites notre industrie depuis trente ans, n'auroient pas pu se consolider sans les prohibitions , et que les Anglois, nos rivaux en industrie , repoussent de leur consommation , par des |)rohibitions ou par des droits qui y équivalent, tous les objets fabriqués au dehors , j'ai cru que cette question méritoit au moins d'être examinée.
Les ennemis de toute prohibition établissent leur opinion sur quelques raisons fondamentales que nous allons discuter séparément :
1 **. La prohibition , disent-ils, ouyre la porte à la contrebande.
Je conviens que lorsque la valeur cont-
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merciale d'une marchandise fabriquée à i'iotérifur, excède de beaucoup celle des marchandises étrangères réunie à la prime J* contrebande, il y a du bénéfice à faire entrer cette dernière en fraude , et qu'on peut le tenter; mais, en admettant qu'on parvienne à tromper la vigilance <Ies prépows aux frontières, le délit n'est pas encore coosommc au préjudice de l'industrie, lorsque Uiualiéreest prohiliée; car il ne suffit p« de l'introduire, il faut encore la débiter, et ici se présentent de nouvelles difficultés, de nouvelles craintes de saisie, de confiscation , qui peuvent comproraeitrv /e crédit, l'honneur et la fortune du consignataire, du marchand, du débitant A h prime de coutrebande pavée pour l'intnxlaetion, il faudroit donc encoi-e ajouter vue prime d'assur;uice pour le débit et la circulation dans lintérienr. Ces craintes, ces dangers, ces difilculjés, ces dépenses qu'entraîne la conlrebinde d'un article prohibé, la rendent bien moins considérable qu'on ne le croit.
On pense que, par des droits équivalensi
la prime de contrebande, on peut é^nlemml
r rindnstric et tarir la source de et