‹ De L'industrie francoise (volume 3)Chapitre 24 sur 203 · CHAPITRE I. 6l · texte numérisé non relu

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la gélatine est imputrescible dans cet état; elle donne des gelées tout-à-fait inodores , de manière qu'on peut les aromatiser comme on veut ; on en fait des tablettes de bouillon, de la colle de même qualité que celle du poisson , avec une différence énorme dans le prix , et elle la remplace avec le plus grand avantage pour l'apprêt des étoffes , le collage des vins et de la bière, la fabrication des perles fausses , etc.

Cette gélatine donne la colle la plus belle et la plus tenace qu'on connoisse. On en fait de la colle à bouche de première qua* lité, des feuilles transparentes pour calquer les dessins , des pains à cacheter transparons , des feuilles de corne factice , etc.

En tannant la gélatine on la convertit en écaille factice, tou t-à^fait semblable àFécaille rouge qui coûte si cher. Cette dernière propriété peut donner lieu à un nouveau genre d'industrie très-important.

Mais le point le plus intéressailt de cette heureuse application de la chimie, c'est de fournir, à bas prix, une quantité prodigieuse de matière alimentaire pour la classe peu fortunée de la société. M. Darcet a calculé qu'en traitant, par cette méthode, tous

DE LIHDirSTRIE FRAHrOlSE.

les os de vaches , de bœufs et de veaux qii'oM égorge à Paris , on peut fournir journellement six cent mille rations, qui conver* tiroient douze cent mille soupes aux légumes, en soupes grasses. Les expériences qui ont été faites dans les hôpitaux, peadatit plusieurs mois consécutifs, ont prouvé que cette nourriture étoit aussi saine qu'économique.

On voit par cet exemple, que la chimie ne se borne pas à éclairer les arts et à en hâter les progrès; elle embrasse, dans ses applications, tous les besoins de la société; et, lorsque cette science sera plus répandue, elle étendra ses bienfaits sur tout ce qui intéresse le bien-élre de l'homme et la prospérité des nations. Les gouvernemens ne l'invoqueront jamais en vain , la preuve en est acquise par les prodiges qu'elle a opérés de nos jours.

En parlant deshetireusesapplications de la chimieà des objets qui intéressent si puissamment les besoins de la société, nous ne de vous pasomettrelaprécieusedécouvertedeM. Appert, qui est parvenu à préserver les sucs des fruits, le lait , les légumes , etc. de toute décomposition, en les exposant, dans-de»

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vases clos, à la chaleur de l'eau bouillante. Les expériences qui on t été répétées de toutes parts, ne laissent aucun doute sur la bonté de cette méthode.

L'emploi du poil des peaux d'animaux clans la chapelerie présentoit des inconvéniens qu'on n'avoit jamais pu vaincre : ce poil est composé d'un duvet très-fin, de longs brins plus grossiers qui le recouvrent et qui ont une couleur différente presque toujours plus foncée. Ces deux qualités de poil ne prennent point la couleur au même degré et se feutrent inégalement • le plus long donne de la rudesse au maniement du chapeau, et fait saillie hors du feutre : depuis long-temps les fabricans désiroieut pouvoir séparer ces deux sortes de poils; et, dans l'impossibilité où ils étoient d'opérer cette séparation , ils arrachoient le jarre et écorchoieht les chapeaux; M. Malatre a trofivé ce moyen : les chapeaux qu'il a présentés à la Société d'encouragement, ont une telle supériorité, qu'on ne peut les con^ parer aux anciens ni pour la finesse ni pour la couleur. Son procédé, qiSî paroît simple, portera dans l'art de la chapelerie le plus grand perfectionnement qu'il eût à désirer*

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C'est surtout: dans la fabrication des pro- ' " duits enn)loyés dans les arts qtie la chimie a ' fait les plus grands progrès; les services i qu'elle a rendus à cet égard, sont d'autant i plus iniportans, que ces préparations fot> ment la base de l'industrie manufacturière, ' et que nous étions tributaires de 1 étranger pour le plus grand nombre.

Cette fabrication de produits chimiques est parvenue à un tel degré de perfectiou , que nous n'avons plus à craindre de concurrence, ni pour le prix ni pour la qualité; et, si quelques-uns éprouvent encore de la défaveur dans le commerce, cela tient à ces différences de localité et de position qui influent si piiissaniment sur la répartition de l'industrie entre les peuples.

Il y a trente-six ans, on ne connoissoit en France que trois fabriques d'acide sulfurique , Vune à Rouen , l'autre à Javelle , près Paris, et la troisième, que j'avois formée à Montpellier : alors l'usage de cet acide étoit borné ; mais les progrés des arts l'ont si fort étendu, que, -depuis cette époque, on a formé des établiaseraens de toutes part» , et sa fabrication est devenue un genre d'industrie très-iniportantpour la France.

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