CHAPITRE I
peu de £rais, tous les aluns au même degré de pureté : leurs travaux n'ont pas peu contribué à en améliorer la fabrication.
L'exploitation des mines de couperose dans le Soissonnois, laisse pour résidu une grande masse d'alun impur qui, dans cet état , «e^ peut servir à aucun usage. MM. Clément ett)ésormes ont formé un très-bel établissement à Berbery , pour le raffiner : les moyens qu'ils emploient ont avancé cette partie de la science ; l'alun qui sort de leurs ateliers est très-estimé dans le com** mer ce.
Ainsi l'alun , que la France importoit de toutes les parties de l'Europe , se fabrique aujourd'hui dans son intérieur , et c'est à la chimie qu'elle doit d'être délivrée de ce tribut onéreux.
Il en est de la couperqse comme de l'alun :
autrefois on en importoit une grande quantité ; le peu de mines que nous exploitions ne fournissoient même pas une qualité égale à celle que nous tirions d'Angleterre ; la chimie a fait connoître la cause de cette différence ; elle a fait plus , elle a fourni les moyens de composer ce sel de toutes pièces, et sa fabrication ne laisse presque plus rien
7"4 ïiE l'industrib fbahçoise.
à désirer. M, Bérard prépare , dans ses ateliers de Montpellier, une excellente couperose qui suffît à la consommation du midi.
Jusqu'à ces derniers temps , la fabrication du sel ammoniac n'avoit point été pratiquée en Europe : tout le sel qui étoit employé dans nos arts nous étoit apporté d'Egypte, où on le prépare par la sublimation de la suie qui provient de la combustion de la fiente des animaux nourris de plantes salées. On a tenté, A diverses époques, de le fabriquer chez nous : M. Baume nous a même laissé , à ce sujet , une suite de travaux importans ; on a essayé de le former en brûlant des matières animales mêlées avec du se\ marin ; mais tout cela n'avoit produ it que de foibles résultats, lorsque M. Dizé conçut le projet de le composer par la combinaison directe de l'ammoniaque que produit la distillation des matières animales , et des vapeurs d'acide muriatique : un établissement formé à Saint - Denis , d'après ces principes, n'a eu qu'une courte existence à cause des orages de la révolution.