‹ De L'industrie francoise (volume 3)Chapitre 31 sur 203 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

MM. Pluvinet , Payen et Bourlier ont repris ce travail , et sont parvenus , par des procédés nouveaux , à fabriquer le sel ain« moniac, en assez graqde abondance pour suffire aux besoins de la France , et en exporter une partie. Leurs établissemens , placés près de Paris, sont approvisionnés par les nombreux débris de matières animales que fournit cette capitale.

Une des premières opérations , qui consiste à décomposer le carbonate d'ammoniac par le sulfate de chaux (plâtre), produit du sulfate d'ammoniac dont on vend une partie aux fabricans d'alun pour faire cristalliser ce dernier sel , tandis que l'autre est décomposée par le sel marin pour former le sel ammoniac.

Les débris des pains de sel ammoniac, permettent à ces fabricans d'en extraire l'ammoniaque en grand et avec économie. Le résidu de la distillation des matières animales forme le charbon qu'on emploie aujourd'hui , avec tant d'avantage , dans les raffineries de sucre.

La chimie , en créant l'art de la fabrication du sel ammoniac , a donné de la valeur k des substances qui n'en avoient aucune

•jG DE l'iNDUSTBIE FRANÇOISE.

auparavant. Les matières anhnales qu'on emploie étoient rejetées comme ne pouvant servir à aucun usage ; aujourd'hui elles sont très-recherchées : les fabriques de gélatine et celles de sel ammoniac s'en disputent l'emploi. C'est ainsi que la chimie, en étendant son domaine, crée des valeurs, et fait tcftit concourir à l'utilité générale.

Jusqu'au commencement de ce siècle, la Hollande, l'Angleterre et rAllemagne sont restées en possession de nous fournir toute la quantité de blanc de plomb et de céruse que nous employons pour la couverture des poteries, et dans la peinture à l'huile et à la détrempe : la chimie a voulu nous enrichir de cette fabrication ; et , au lieu d'imiter les procédés connus qu'on pratique dans les pays étrangers , elle en a créé de nouveaux, qu'elle a fondés sur la connoissance parfaite des principes constituans de ces produits. Un prix proposé par ia Société d'encouragement donna lieu à ces nouvelles recherches , et ce fut à ATM. Bréchoz et Leseur, qui avoient formé le premier établissement à Pontoise , qu'il fut décerné.

Depuis cette époque , M. Roard a établi , d'après les mêmes procédés, une immense

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