‹ De L'industrie francoise (volume 3)Chapitre 39 sur 203 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

La coutellerie fine étoit restée inférieure il celle d'Angleterre par la difficulté de la fabriquer avec un aussi bon acier que l'acier fondu des Anglois; mais aujourd'hui celle de Paris est également estimée , et on exporte une grande partie de ses produits.

Ces changemens sont dus , non-seulement à l'emploi des matières de meilleure qualité , mais à l'habileté de nos artistes qui ont perfectionné toutes les opérations, et à leur goût éclairé, qui leur fait employer de plus belles formes. La France n'a plus rien à envier aux étrangers, pour la fabrication des couteaux, des rasoirs et des instrumens tranchans de chirurgie.

Les manufactures d'épingles et d'aiguilles, qui se sont formées depuis quelque temps, se perfectionnent chaque jour: la fabrique d'épingles établie à l'Aigle, dans le département de l'Orne, donne lieu déjà à un commerce de plusieurs millions ; on j fait aussi des aiguilles, ainsi qu'à Paris et à Evreux; mais ce dernier article s'étoit fixé

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alors. Qu'auroit dit aujourd'hui M. Fox, 3*il avoîtpu juger de nos progrès dans tous les genres , soit sous le rapport des prix , soit sous celui des qualités ?

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principalement à Aix-la-Chapelle, lorsque ce pays étoit réuni à la France; et il est bien à désirer que la belle industrie qu'y avoif porté M. Jecker revienne à Paris ou elle a pris naissance.

Comme nos fabricahs d'épingles tiroient le laiton du pays dç, Limbotirg, séparé de la France par les derniers traités , on a craint que les manufactures ne souffrissent de ce changement; mais M. Boucher, de l'Aigle, a trouvé le moyen d'employer la blende (sulfure de zinc) à la fabrication de cet alliage; et, dès ce moment, l'importation du laiton étranger est devenue inutile.

La fabrication des limes nous étoit complètement étrangère ; les Anglois nous fournissoient les petites limes qu'on connoissoit sous le nom de Urnes anglaises, et l'Allemagne approvisionnoit nos ateliers des grosses limes qui portoient le nom , dans le commerce, de limes en paille, ou limes d'Allemagne. Les râpes provenoient, presque toutes, des fabriques qui sont au-delà du Rhin.

La France possède aujourd'hui huit à dix établissemens dans lesquels on fabrique les limes et les râpes employées à tous les usages.

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