‹ De L'industrie francoise (volume 3)Chapitre 40 sur 203 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

La manufacture de M. Raoul, à Paris, et celle de M. Saint-Bris , à Amboise , jouissent de la meilleure réputation : la première est en possession de fournir les petites limes, les plus estimées qu*on ait encore connues dans le commerce; la seconde fabrique les limes et les râpes daus toutes les dimensions, et ses produits sont jugés comparables à tout ce que l'Allemagne et l'Angleterre avoient obtenu de plus parfait. Les autres fabriques travaillent toutes très-bien; et si leurs résultats varient quelquefois , cela tient surtout à la qualité très-variable des fers qu'elles emploient à la cémentation.

On ne fabriquoit autrefois en France que les cardes destinées au travail de la laine ; aujourd'hui on en construit pour le cardage du coton , et leur fabrication est parfaite : M. le duc de La Rochefoucault, qu'on retrouve partout où les arts et l'humanité réclament des bienfaits , a créé un des premiers et dés plus beaux établissemens qu'on ait faits dans ce genre; à son retour dans sa patrie, il se vengea noblement de la proscription qui l'avoit frappé, en important la vaccine et en établissant dans son château de Liancourt plusieurs genres

06 DE l'industrie FHANÇOISÏ.

d'industrie quLétoientou inconnus ou peâ répandus.

11 y a vingt -cinq ans qu'on ne faisoit la tôle qu'à l'aide du martinet : des règlemens prohiboient alors l'usage du laminoir: mais, en ce moment, les fabriques de tôle se sont tellement multipliées , qu'oa fournit à tous les besoins , et qu'on en exporte une partie. Les laminoirs et les découpoirs ont été perfectionnés : on doit à M. Molard un découpoir parfait ; il a remplacé les cizailles par le choc de deux meules d'acier mues en sens contraire avec une grande vitesse , et q ui tranchent la tôle avec autant d'économie que de succès.

L'art de vernir les tôles nous étoit presque inconnu il y a vingt ans ; il forme aujourd'hui une branche d'industrie très-étendue ; on revêt la tôle des couleurs les plus solides, on l'orne des dessins les plus agréables, on lui donne les formes les plus élégantes , et on en a tellement varié les usages, qu'on en fait des ornemens, des vases, des bijoux , etc. On est parvenu à imiter le marbre, le porphyre, le granit, etc., au point que l'œil ne peut pas en apercevoir la différence.

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