‹ De L'industrie francoise (volume 3)Chapitre 4 sur 203 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

line de Tarare et de Saint-Quentin , nos établissemens fournissent à tous les besoins.

Plusieurs fabriques dé filature se bornent à convertir le coton en fil pour le vendre aux fabricans de tissus; d'autres mettent en œuvre le produit de leur filature , et en forment des toiles ; plusieurs filent le coton , tissent les toiles et les impriment.

La filature du coton et la fabrication des tissus par mécanique, que l'Europe s'est appropriées , a fait changer de nature au commerce de l'Inde d'où l'on importoit toutes ces toiles; une grande partie des bras employés jusque-là à la filature et au tissage s'y est trouvée de suite sans travail, et c'est pour leur donner une nouvelle occupation, que le gouvernement anglois s'est hâté d'y encourager la culture de la canne à sucre et d'autresobjetsquefournissoitabohdamment l'Amérique. La suppression de la traite djes lïoirs, que commandoient d'ailleurs puissamment les principes sacrés de l'humanité, facilitera beaucoup les moyens de propager^t ^e faire prospérer cette industrie dans l'Inde.

L'état actuel de nos filatures par les mécaniques àïtesmull'jennjrs et continues y nous permet de fournir par an à la fabrication

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des tissus ou de la. bonneterie plus de a3 millions de livres de fil de coton, indépendamment de ce qui se file encore au rouet ou à la main dans les montagnes : la filature est aussi parfaite qu'on peut le désirer; et si jusqu'ici on a paru négliger de filer les numéros les plus fins , c'est qu'on a préféré ceux dont le débit et la consommation étoient plus assurés et plus étendus.

Dans les temps de guerre qui viennent de s'écouler , nos approvisionnemens en coton avoient été rendus difficiles , et les assortimens presque impossibles; nos filatures étoient réduites à n'employer que les cotons du Levant qui nous arrivoient par terre , et ceux de Naples , ou de Motrillos eu Espagne.

Le coton du Levant qui est gros et court se prête difficilement à former des fils d'une grande finesse; il a fallu cependant l'approprier à nos besoins : et les difficultés qui étoient à vaincre pour en obtenir des fils propres à la fabrication de nos tissus, n'ont pas peu contribué à perfectionner la filature. Les cotons de Naples, surtout ceux des environs de Castellamare, et les cotons d'Espagne, dit Motrillos j sont plus fins, et pré-

sentoient moins de difficultés à la filature que ceux du Levant; mais les quantités qu'on pouvoit en extraire ne s'élevoient pas à plus de 3 à 4 millions de livres , et ne pouvoient pas fournir à tous nos besoins.

D'un autre côté, le gouvernement, qui souvent n'étoit guidé que par de purs intérêts de fiscalité, avoit grevé l'entrée des cotons d'un droit supérieur à celui de l'achat primitif, ce qui encourageoit la contrebande et fermoit les débouchés aux produits fabriqués : le commerce des cotons du Levant avoit pris • sa direction par Vienne et le Rhin ; on voulut qu'il s'en frayât une par Trieste , et on ferma la porte au coton qui arrivoit par le nord.

Toutes ces contrariétés réunies eussent dû étouffer cette industrie , et l'on ne peut qu'être frappé d'étonnement, lorsqu'au milieu de tous ces obstacles multipliés, on la voit s'établir, s'étendre et se perfectionner; il faut convenir que ce n'est pas là un des moindres prodiges de notre industrie dans ces derniers temps ; et cette victoire honore autant le caractère françois que celles qui ont illustré nos armées ; elle le venge de cette réputation de légèreté dont on a essayé de le noircir à diverses époques; il

seroit difficile de trouver une nation qui , dans des circonstances aussi pénibles, ait montré plus de constance et plus de zèle pour l'intérêt public. ,

La filature du coton a commencé par employer les machines les plus parfuiles qui fussent connues en Europe; on a importé successivement tous les perfectionnemens qu'on leur donnoit ailleurs; et uos artistes n'ont pas tardé à y apporter des améliorations notables.

Pouchet, de Rouen, a construit un filoir continu à double rang de broches de chaque côté, étagées et distribuées de manière à occuper moins de place que dans les continues ordinaires.

Calla , de Paris, a placé les broches de manière que la transmission du tors se fait à chaque révolution jusqu'aux cylindres de tirage, sans être interrompue par la pression du fil contre le fond du guide, ce qui prévient la rupture du fil et facilite la filature du fin.

De Lafontaine a trouvé une nouvelle méthode d'enter les cylindres de tirage qui donne le moyen de remplacer les cnilets sans changer les cylindres , et de soustraire

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