‹ De L'industrie francoise (volume 3)Chapitre 86 sur 203 · CHAPITRE II, l8l · texte numérisé non relu

CHAPITRE II, l8l

L'exportation des sucres a produit une somme de 63,878,900 fr.

Le sucre réservé pour le raffinage et la consommation représentoit, à cettcépoque, une valeur de !2a,o34,5o5 fr. ; ainsi la valeur du sucre importé de nos colonies étoit de 85,9i3,4o5 fr.

211,1 57 quintaux métriques de sucre brut produisoient, par le raffinage, 1 58,365 quintaux métriques de sucre de consommation , qui, à raison de 2 fr. le kilogramme, par rapport aux diverses qualités, formoient une valeur de 31,673,000 fr.

73,092 quintaux métriques de sucre tête et terré produisoient , par le raffinage, 58,475 quintaux métriques en sucre de consommation, qui représentent 11,695,000 fr.

La valeur des sucres raffinés étoit donc de 43,368,000 fr. , et celle des sucres employés au raffinage de 22,o34,5o5 fr. Mais , en ajoutant à cette dernière somme les droits perçus sur les sucres , il en résulte que la valeur des sucres employés au raffinage étoît de 28,296,679 fr.; ainsi les frais du raffinage et les bénéfices du raffineur s'élevoient à 15,071,321 fr.

Aujourd'hui les sucres bruts sont plus

iSa HT. l'industrie PRAJSÇorSE.

chers, les droits d'entrée ont presque doublé, de sorte que, si la consommation est la même qu'en 1789, comme tout porte à le croire, l'achat des sucres et le paiement des droits emploient un capital de ^ofiûjj^j^ fr. , au lieu de 28,^96,679 fr. Les frais du raffinage sont restés à peu près les mêmes; ainsi la consommation du sucre raffiné est, en ce moment, un objet de 55,i38,9ro fr.

Le sucre brut produit, par le raffinage, environ aS pour 100 de mélasse , dont la valeur ajoute aux bénéfices du raffineur une somme de 5,635,ooo fr., en supposant qu'on raffine o.8^,i5o quintaux métriques de sucre brut. Ce bénéfice provenant des mélasses n'est que momentané; attendu que j'en estime la Taleur à 80 fr. le quintal métrique, qui est le prix actuel , tandis qu'elles se vendent, dans les temps ordinaires , 3o fr. Cette différence de valeur dépend du prix excessif des eaux-de-vie , à la fabrication desquelleson emploie aujourd'hui les mélasses.

(J'écris en mai 1818.)

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ARTICLE XII

De la Chapellerie.

La chapellerie étoit autrefois , pour la France , un objet de commerce très-considérable avec l'étranger; les fabriques du midi> surtout celles de Lyon et de Mwseille, travailloient beaucoup pour l'Espagne« l'Italie et nos colonies. L'exportation de ce produit a presque cessé entièrement; mais l'art de la chapellerie s'est établi aujourd'hui sur toutes les parties de la France : l'aisance de l'habitant des campagnes a augmenté la consommation ; on fabrique beau* coup plus de chapeaux fins qu'on ne le faisoit autrefois; les prix ont presque doublé, de sorte qu'on ne doit calculer les produits de, cette industrie ni sur la diminution qui s'est opérée dans certains centres de fabrication , jiti sur la valeur numérique comparée aux deux épequeSé

La chapellerie fine emploie les poils de lièvre, de lapin, de castor, d'ours marin, de raton du Mexique , qu'elle mélange avec art : la chapellerie grossière fait servir à ses usages la laine d'agneau , les poils de veau y

l84 ^^ L'iNJïnSTTltF FBAWÇOrSE.

de chameau, Je chevreau, les tontiires de drap, etc.

Aujourd'hui, sur un chapeau sortant de chez le fabricant an prix de i5 fr. , il y a 8 fr. de nintières premières et 5 fr. de main d'œuvre : !e marchand chapelier lui donne la forme convenable, y ajoute la coiffe et la ganse, et lui acquiert une nouvelle valeur de 5 fr.

Dans la chapellerie grossière, le bénéfice du fabricant est de- ,^ à lo sous par chapeau; le surplus représente la valeur de la matière première et de la main d'œuvre.

On fabriquoit autrefois des chapeaux à 12 fr. la douzaine à Saint-Pierre le-Moutiers et ailleurs.

On comptoit en France, il y a quelques années, 1 169 fabriques de chapellerie, dans lesquelles on occupoit 17,000 ouvriers ; le produit s'élevoit à 19,500.000 fr. Les chapeliers qui approprient les chapeaux à leurs usages, ajoutent un <[uart à cette somme, ce qui porte le commerce des chapeaux à 34)375,000 fr.

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